La raison du plus fort est toujours la meilleure, nous l'allons démontrer tout à l'heure.
Il n'y a pas si longtemps, la Constitution colombienne était garante du mandat présidentiel unique. Comme dans la plupart des autres pays de la région, échaudés par les dictatures, pour lutter contre la tentation des gouvernants de se perpétuer au pouvoir.
Mais les Constitutions appellent des réformes, et là encore, dans presque tous les pays, il est maintenant possible à un ex-président de se représenter. Uribe, par exemple, a déjà pu se succéder à lui-même en 2006 à la faveur d'une réforme constitutionnelle qui fit grand bruit en son temps, tant il fut démontré que les députés avaient été achetés (ou qu'ils s'étaient vendus, ce qui revient au même du point de vue du résultat). Deux ministres d'Uribe, les vils corrupteurs, avaient alors été poursuivis; mais je vous rassure, leur réinsertion dans la société des gens honnêtes a été facilitée par le fait de retrouver un emploi (l'un des deux est ambassadeur en Italie).
La course pour la réélection n'est pas finie, mais il serait bien étonnant que la Cour Constitutionnelle trouve à y redire. Un président aussi populaire (70% d'opinions favorables, tout de même...), on ne peut pas lui refuser de se représenter, ce serait anti-démocratique (je sais, ça a l'air un peu spécieux comme argumentation, mais c'est celle des partisans d'Uribe).
On est bien loin du Honduras... le président Zelaya ne manquait pas d'argent, mais il a eu le tort de compter uniquement sur l'honorabilité des députés. Erreur crasse. Público établit d'ailleurs une comparaison entre les deux présidents et la dissemblance de l'accueil rencontré par leur projet.