Mexique: le meilleur guide, c'est le président

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Sans doute le président mexicain Felipe Calderón est-il las de son image de président des massacres. Ou alors est-il jaloux de Poutine. Toujours est-il qu'il joue les guides touristiques pour une chaîne de télévision publique états-unienne, la machette à la main et les palmes aux pieds. Gouverner? Oui, aussi. Mais pas là.

La bande-annonce de Mexico: The Royal Tour est digne des meilleures séries d'action. Musique saccadée, images stroboscopiques (si ça se trouve, il y en a même quelques subliminales 'vote for me'), sports d'aventures, pyramides à degrés, soldats, danses typiques, statuettes grimaçantes: Indiana Jones peut aller se rhabiller.

Je ne sais pas bien quel intérêt les Etats-Uniens peuvent trouver à voir un responsable politique étranger faire le gugusse pour vanter les attraits touristiques de son pays, mais Calderón n'est pas le premier à s'y prêter. L'ont précédé les premiers ministres de Nouvelle-Zélande et de Jamaïque, le roi de Jordanie et l'alors président du Pérou Alejandro Toledo, voilà sept ans (et j'ai raté ça! J'en suis inconsolable).

Sur le fond, je vois bien comment on a dû lui vendre sa participation. Le tourisme est la troisième source de revenus du pays, derrière le pétrole et les remesas, l'argent envoyé par les émigrés à leurs familles. Les Etats-Unis représentent 60% du tourisme.

Or depuis 5 ans que Calderón préside et qu'il a entamé une guerre totale contre les narcos, y compris en lançant l'armée dans les rues, l'image du pays s'en est trouvée un tantinet écornée. Dame, près de 40.000 morts en 4 ans et demi... Ajoutons à cela la crise économique, et le nombre de visiteurs nordistes a considérablement baissé. Il faut donc un traitement de choc pour sauver le soldat tourisme, et comme souvent, Calderón va s'en occuper personnellement. A défaut de changer l'imaginaire collectif sur le Mexique, ça lui fait un bout d'essai pour un prochain James Bond.