Bolivar n'est pas mort de tuberculose

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Plus de trois ans après la décision de Chávez d'exhumer les restes du Libertador, un an après cette opération médiatisée, l'autopsie révèle que sa mort n'est pas due à une tuberculose, comme l'avait diagnostiqué son médecin en 1830, mais à un déséquilibre hydro-électrolitique, informe Ultimas Noticias. Oui, ça fait toujours ça la première fois.

Ne sachant pas non plus quel était ce mal au nom imprononçable et même pas retenu par les scénaristes de Docteur House, je suis allée chercher. Pour faire court, c'est un déséquilibre (jusque là ça va) dans le rapport entre l'eau (ça reste logique) et différents électrolites (oh ben sûrement) tels que le sodium, le potassium et autres trucs en -ium (non, pas le césium, merci) mais aussi en -ore (chlore et phosphore).

Et ce déséquilibre est dû en l'occurrence à un traitement médical: Bolívar était soigné pour une infection du colon. Vous noterez au passage combien Chávez s'identifie à son modèle. On lui souhaite en revanche un autre traitement: les fréquents lavements du bon docteur Próspero Reverend (à raison de quatre fois par jour) ainsi qu'une alimentation à base de gelée de groseilles auraient plongé Bolívar dans une profonde dépression - étonnant, non? personnellement je déprimerais à moins - terrain au déséquilibre sus-nommé. Lequel a donc entraîné la mort.

L'autopsie était pratiquée dans un double objectif: identifier la cause du décès, mais aussi s'assurer que la dépouille était bien celle de Simon Bolivar (à la rigueur, il aurait fallu commencer par là non? Imaginez les dépenses pour trouver la cause de la mort de n'importe quel troufion arrivé là par erreur. Je dis ça, je ne dis rien).

Bien que les os aient été vernis et réassemblés au fil d'argent lors de la troisième exhumation du corps, en 1843, les spécialistes ont pu trouver de l'ADN non altéré dans la mâchoire et confirmer l'identité du gisant. Ils indiquent aussi que Bolivar n'était pas 'd'origine totalement européenne', on n'en sait pas plus pour le moment et c'est bien dommage. Mais ce n'est que partie remise: je suis sûre que Chávez saura exploiter cet élément. J'ai hâte de savoir à quelle génération il y a eu faute avec le palefrenier noir ou l'ouvrier agricole indien.

Conclusions (car après tout, le but de Chávez était de prouver au monde la responsabilité des Etats-Unis dans la mort de Bolívar): 1) sauf à ce que Próspero Reverend, ci-devant docteur, n'ait fait ses études aux Etats-Unis, leur intervention n'est pas démontrée. Et 2) la gelée de groseilles est déprimante.