Honduras: on efface tout et on recommence

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Un peu plus de deux ans après le renversement et l'exil forcé du président hondurénien Manuel Zelaya, la Commission de Vérité et Réconciliation rend ses conclusions sur les événements d'alors.

Cette Commission avait été créée dans le cadre des accords de San José - Tegucigalpa passés entre les représentants de l'ex-président Zelaya et de son substitut de fait Micheletti. Comme l'application de ces accords était un peu sujette à caution, les partisans zelayistes en avaient créé une autre dont je n'ai finalement pas retrouvé la trace.

La Commission officielle, présidée par la présidente de l'Université Nationale Autonome du Honduras, a été installée en mai 2010 avec pour mission l'identification des éléments ayant abouti au 28 juin et l'élaboration de recommandations destinées à éviter de pareils événements. Elle a passé près d'un an à rassembler et analyser des informations - et ce en remontant aux années 80, marquées par plusieurs coups d'Etat.

Les conclusions sont équilibrées (on ne se réconcilie pas à moins): il y a bien eu coup d'Etat le 28 juin 2009 - ce que contestaient leurs instigateurs, affirmant qu'il s'agissait d'un processus de transition constitutionnel et démocratique. Pour la CVR, qui s'appuie sur la Constitution, le Congrès n'a pas le pouvoir de destituer un président ni de nommer son remplaçant: la désignation de Micheletti a donc été illégale, et le gouvernement qui s'est ensuivi, un gouvernement de fait et non de droit. Mais de son côté, juge la CVR, le président Zelaya est en tort pour n'avoir pas suspendu le référendum qu'il avait prévu (rappel).

La Commission conclut aussi qu'il y a eu 20 morts dans les troubles qui ont suivi l'expulsion du président Zelaya, et que pour certains cas des indices montrent la participation des autorités. Elle souligne également l'existence d'atteintes aux droits de l'homme.

Dans ses recommandations, la CVR souligne la nécessaire recherche de justice pour ces cas. Sur le plan institutionnel, elle souligne l'existence, dans la Constitution, des 'articles de pierre' que nulle instance ne peut modifier. La réconciliation au Honduras devrait donc passer par la définition de mécanismes clairs de résolution de conflits entre les différents pouvoirs, une modification de la Constitution et le châtiment des crimes commis.

Y'a plus qu'à.