Chavez, président off shore du Venezuela

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Hugo Chávez est en convalescence à Cuba où il a été opéré voilà une semaine d'un abcès pelvien. La durée de son séjour dépendra de la vitesse de son rétablissement. A sa demande, l'Assemblée Nationale a pour la première fois autorisé un président à exercer son mandat depuis l'étranger.

Bien entendu, c'est le cas lorsque le président est en déplacement officiel: il préside, et il est à l'étranger. C'est d'ailleurs le principal argument des pro-Chávez pour défendre cette mesure.

Cependant, lorsque le président doit se soumettre à un traitement de santé hors du territoire national, il n'est pas incohérent qu'il soit supplée par son vice-président, qui sert notamment à ça, comme l'établissent les constitutions de différents pays. Certes, cela suppose que le président fasse davantage confiance au système de santé d'un autre pays que du sien propre, ce qui est un message quelque peu déconcertant pour la population, mais mieux vaut être vivant pour se faire réélire.

En octobre 2010, le président paraguayen Fernando Lugo avait ainsi remis les clés du palais à son vice-président pendant quelques jours, le temps d'aller suivre une chimiothérapie au Brésil. Certes, le vice-président les aurait bien gardées. Mais ce n'est pas le genre de son homologue vénézuélien, Elias Jaua, qui a ainsi déclaré: 'le président légitime, constitutionnel et légal et en plein exercice des compétences est Hugo Chavez et point, pas de discussion'.

Deux remarques surgissent. La première, c'est qu'on ignore l'état de santé du président, l'abcès pelvien pouvant aller de bénin à franchement grave; et on ne dispose pas d'information sur la date estimée du retour de Chavez au palais de Miraflores.

La deuxième est la conclusion que tire América Económica sur la situation politique: Chávez ne fait confiance à personne pour gouverner en son absence; c'est, dit le journal, souvent le cas des gouvernants populistes qui font le ménage en permanence et ne laissent pas de successeur; une bonne nouvelle pour l'opposition donc.

Précision constitutionnelle. L'article 235 prévoit que si le président doit quitter plus de cinq jours consécutifs le territoire national, il doit y être autorisé par l'Assemblée nationale ou la Commission Déléguée.

Les articles 233 et 234 envisagent l'hypothèse d'un défaut absolu ou temporaire de la présidence et la façon de le résoudre.Le défaut absolu est bien défini: décès, démission, destitution, incapacité physique ou mentale permanente certifiée, et les mesures applicables varient en fonction du temps restant avant la fin du mandat. En revanche, le défaut temporaire n'est pas défini. Mais dans ce cas - pour une durée inférieure à 90 jours - c'est le vice-président qui assure l'intérim.