Traité de Libre Echange Etats-Unis-Colombie: un jeu de dupes

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La Colombie est prête à passer sous les fourches caudines des Etats-Unis pour que le TLC que les deux pays projettent soit enfin ratifié. Mais les Etats-Unis imposent des conditions qu'ils ne respectent pas, notamment en matière laborale.

Les Etats-Unis exigent ainsi que la Colombie applique pleinement les 54 engagements de l'Organisation Internationale du Travail sur les droits des travailleurs ratifiés par le pays andin. Quand le grand frère du nord en a lui-même ratifié... 14, rapporte El Tiempo en ce 'Jour International des Travailleurs'.

Des 188 conventions de l'OIT, 8 concernent les droits fondamentaux des travailleurs. La Colombie a ratifié les 8, les Etats-Unis un seul. La loi fédérale ne prend en compte que 3 aspects des protections laborales; ce sont les lois de chaque Etat qui fixent le reste. Lequel reste est donc variable et peu favorable aux travailleurs.

En outre, les conditions du TLC prévoient que les normes du travail ne puissent pas être flexibilisées pour gagner en compétitivité. Précisément ce qui est à l'oeuvre dans un certain nombre d'Etats de l'Union. Le Wisconsin, après la Caroline du Nord, vient de limiter les droits de négociation collective des travailleurs syndiqués. 37 autres Etats suivent leurs traces.

Le vice-président colombien, Angelino Garzón, considère que la Colombie est en droit de surveiller l'application des conventions de l'OIT que font les Etats-Unis. On imagine d'ici combien cela va contribuer à leur bonne application.