Premier mai à Bogota

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Le 1er mai, Journée internationale des Travailleurs, n'est que moyennement férié. Entendez par là que beaucoup de gens travaillent. Mais d'autres manifestent, et traditionnellement, ça dégénère un tantinet.

Je revenais tranquillement du parc Simon Bolivar où j'étais allée faire des interviews, voilà qu'alors que j'arrivais sur la Décima (en travaux, donc avec des endroits de passage en nombre restreint et peu larges), le flot de personnes venant en sens inverse se met à courir, façon Pampelune en plein lâcher de taureaux. Juste le temps de sauter dans une galerie commerciale à deux mètres à ma droite, et les rideaux de fer sont baissés (non sans cogner deux-trois personnes cherchant abri, au passage).

Une voisine m'explique obligeamment que la police disperse les manifestants qui occupent toujours la Plaza de Bolivar à grand renfort de gaz lacrymogènes, ce qui provoque la course des badauds qui se contentent de faire des achats.

Après réouverture des portes, je reprends prudemment ma route. Et comme j'ai rarement vu, au mètre carré, autant de forces de l'ordre et de personnes avec du matériel photo et vidéo bien meilleur que le mien, j'ai même pu remonter appareil photo à la main. Pour la première fois en plus de 3 mois!

6.500 hommes pour encadrer la manifestation, je veux bien le croire. Ce qui n'a pas empêché une certaine dévastation; pas très bon pour faire passer un message politique, si ce n'est celui d'un énervement certain.

vendedores-esmad.JPGLes vendeurs ambulants, pris là-dedans, fuient à chaque charge policière (précédée par les lacrymos, les grenades étourdissantes et parfois les canons à eau) puis reviennent: il faut bien manger. (Je précise que j'étais LOIN lors des charges sinon je vais encore avoir droit à un coucou mécanique).

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