Une Zone d'Intégration Profonde pour l'Amérique Latine

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Rebelote et dix de der: des pays latino-américains viennent de créer une nouvelle zone d'intégration, l'AIP (Area de Integracion Profunda). Je ne sais pas quelle fée s'est penchée sur son berceau mais avec un nom pareil, l'enfant me semble mal parti dans la vie.

Alors que l'abandon de la CAN (Communauté Andine de Nations) par le Venezuela est devenu effectif tout récemment et que l'on n'entend plus guère parler de l'ALBA (ce qui ne veut certes rien dire, mais Chavez a quand même reconnu le gouvernement du Honduras et va appuyer le retour de ce pays dans l'OEA!), 4 pays se sont unis hier au sein de la Zone d'Intégration Profonde: du sud au nord, Chili, Pérou, Colombie et Mexique. Le Panama est pour le moment observateur et futur membre.

La zone est ouverte à d'autres pays qui souhaiteraient aussi libéraliser leurs marchés, pour peu qu'ils aient une côte pacifique; c'est même la condition principale et l'objectif du futur ex-président péruvien, Alan García, que de réunir sous la bannière de l'AIP tous les pays pacifiques, du Mexique au Chili. Je vois d'ici l'enthousiasme de l'Equateur et du Nicaragua, au hasard.

Les présidents des pays signataires ont indiqué souhaiter parvenir à une intégration totale, qui verrait la libre circulation des biens, des services et des personnes. L'autre objectif est de renforcer les échanges avec les pays asiatiques, en mettant en commun les moyens économiques et diplomatiques sur place. Les analystes doutent un peu des possibilités d'exportations manufacturées latinoaméricaines vers la Chine, mais qui ne tente rien n'a rien.

Le bloc représente 200 millions d'habitants, 34% du PIB d'Amérique Latine et la moitié des importations et exportations, et les observateurs s'interrogent sur l'effet qu'aura cette nouvelle zone sur les autres blocs d'intégration: la défaillante CAN, la politisée ALBA et le boiteux Mercosur.

D'autres soulignent que des accords internes existent déjà entre ces différents pays et dénoncent un retour du projet de la ZLEA (la Zone de Libre Echange des Amériques, projet états-unien déclaré défunt à Mar del Plata en 2005) par la petite porte.

Mais à très court terme, la question à mille pesos est: que fera le nouveau président péruvien? Si Ollanta Humala est élu le 5 juin, acceptera-t-il la participation de ce pays dans ce projet?