Que faire à Villa de Leyva pendant la Semaine Sainte

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D'abord, une remarque: on n'a pas idée de faire tomber la Semaine Sainte en plein hiver pluvieux. Après cette remarque préliminaire, eh bien, une foultitude de choses. Ca dépend d'où on était avant.

Par exemple, pour qui comme moi arrive de Bogota: apprécier de dormir sans bouchons d'oreilles, bercé par le bruit de la pluie à l'exclusion de tout autre; respirer à pleins poumons le bon air pur; savourer les températures quasi printanières qui vous évitent de vous sentir gelé de 4h du soir à 10h du matin; se promener dans les rues sans risque de se faire klaxonner/renverser/voler son sac/complétez vous-même à partir des billets précédents.

tienda-raquira.JPGSans compter que c'est joli à regarder (bon, on a vu, on fait quoi?), y compris les patios pris d'assaut par les boutiques diverses, qu'il y a des balades à faire autour (bon, on s'est baladés, on fait quoi?): le village de potiers de Raquira, la vallée des dinosaures et son parc d'attractions: le Gondava (oui oui, ça vient bien de Gondwana, mais il y a dû en avoir un qui a mal prononcé et tout le monde a répété), ses musées paléontologiques et assimilés... euh, ben ça occupe quoi!

Ajoutez à cela ce qu'il était possible de faire et qu'on n'a pas fait: visiter des églises et des monastères, assister aux concerts de musique classique de la Semaine Sainte, acheter une maison dans un futur complexe éco-bio-domo-frein-sur-le-moyau avec un ticket d'entrée à 360.000€.

route-raquira.JPGRevenons à Raquira. D'abord, il faut le mériter, surtout en période de crue. D'où l'intérêt d'y aller en bus plutôt qu'en taxi: c'est plus haut sur roues. Si on y est tôt le matin, avant l'afflux normal des touristes, on peut même admirer les bâtiments gentiment peints avant que toutes les voitures de la région ne soient garées devant. 

Les commerçants vous expliqueront bien volontiers de quel bois ou fruit est fait tel ou tel objet, les potiers vous feront des démonstrations de leur art et pour une participation modique vous laisseront vous coller de l'argile partout en utilisant leur tour. Comme on nous a dit à Villa de Leyva, à Raquira, ils produisent et ils vendent sans intermédiaires, alors forcément c'est meilleur marché.

Qu'on m'explique quand même comment un hamac, pas fabriqué localement, est proposé à $30.000 quand on arrive à l'avoir à Bogota, après négociation, à $45.000? (prix de départ: jusqu'à $70.000 en fonction de la tête du client!) Mais pour la poterie, d'accord, rien à redire.

Bon sinon la vallée était anciennement sous la mer, on y trouve plein de fossiles, dont un bien joli de chronosaure (exposé au lieu-dit El Fosil, entrée du musée $4.000 par adulte, et les taxis considèrent avec raison que 20' sont suffisantes pour la visite: franchement, dur à rentabiliser). T-Rex.JPG Et on y trouve aussi un parc à dinosaures. On vous prévient à l'achat du billet: vous allez voir des reproductions (oh? pas des vrais? je suis déçue alors) grandeur nature. On omet de vous prévenir qu'à l'exception de ceux dont l'adulte ne dépasse pas 45 cm debout sur ses griffes postérieures et en tendant les dents, vous verrez des reproductions grandeur nature de petits. Grosse désillusion: pas un diplodocus, et deux T-Rex nains retenus aux arbres alentours par des chaînes (doivent avoir peur qu'ils s'échappent). Et en plus, on ne peut s'approcher que des premiers spécimens, les suivants sont inaccessibles.

Pour que le touriste ne ressorte pas en criant à l'arnaque remonter le moral du touriste, on a droit au cri du tyrannosaure ponctuant la visite. Cri reconstitué grandeur nature grâce aux fossiles de cri retrouvés dans la région, of course. Mais noooon... vous aussi vous croyez n'importe quoi on dirait? En même temps, vous êtes bien tombés: c'est du n'importe quoi. Ils n'hésitent pas à faire se battre deux bestioles qui ont plusieurs millions d'années d'écart... et en plus, ils le disent. (Enfin non, ils présentent chacune des bébêtes et le visiteur attentif fait: ben alors, ils n'ont pas pu se rencontrer? Ben non.)

Et puis sinon, on peut faire des promenades sur des chevaux tellement bien dressés qu'ils partiront au trot ou au galop sur l'ordre de la guide restée en arrière, et en aucun cas sur demande du cavalier. Mais qu'est-ce qu'ils le font bien! Pour un peu on n'aurait rien soupçonné.

Après, il pleut, alors il faut rentrer bouquiner, ou aller boire un coup et faire une aquarelle.