L'épilation en Colombie

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J'ai testé pour vous et j'ai bien du mérite. Après - déjà - une expérience mémorable en Argentine, je voulais voir. J'ai vu. Y'a pire (pensez à Fukushima, à la Lybie, à la Côte d'Ivoire...) vous êtes prêts?

Bon j'ai bien du mérite mais je ne suis pas complétement masochiste. Alors j'ai avisé un 'salon de beauté' (en Argentine aussi, c'est chez le coiffeur. La version féminine de 'c'est pour la barbe ou pour les cheveux?') qui promettait fièrement une 'épilation à la cire espagnole', et puis pour le fun, parce que quand même, la cire espagnole, c'est presque aussi vendeur que la pâtisserie irlandaise, et Dieu sait s'il y en a ici.

Donc, la cire espagnole, c'est une cire à l'huile. Ah ben ça, j'aurais dû m'en douter tiens. Ca laisse la peau douce et hydratée, ça ralentit la repousse du poil, tout ça. Oui, ben c'est de la cire à épiler quoi. Mais les autres alors, ils épilent à quoi? A la bougie? Au pneu fondu?

La cabine de soins privative, ce sont 3 panneaux de bois, dont 2 coulissants, dans un coin de l'arrière-salle du salon de coiffure; 'zone de stérilisation' et 'zone de shampoing' disent les panneaux apposés côte à côte au-dessus des bacs à shampoing. Dans la cahute, une vague couchette sur laquelle on dispose un drap-housse (moi qui hurle contre les peignoirs jetables chez mon coiffeur en France, là je pouvais rien dire, mais quand même, très gris le drap) et un truc qui ressemblait vaguement à une couverture chauffante qui aurait perdu son câble.

C'est peu large, et ça accueille en prime le chauffe-cire, branché au demeurant sur une prise électrique qui a vu de meilleurs jours. Ce que je n'ai vu qu'à la fin, c'est que la recharge de cire chauffait sous la couchette, sur un réchaud à gaz. Tout-va-bien...

Pour faire court et ne pas traumatiser les lecteurs mâles non pratiquants, qui se fichent bien de savoir comment leur blonde a la peau douce mais tournent de l'oeil quand on commence à parler détails, le plus pénible, c'est la conversation. 

Une fois fait le tour des classiques locaux: mariée? des enfants? (la prochaine fois je m'en invente 6!!!), ah la France et mami, que vous avez les jambes blanches (oui ben j'ai pas eu l'été en janvier moi), l'esthéticienne la coiffeuse l'employée se met à me raconter ses dernières lectures.

Le Nouveau Testament. 

J'avoue n'avoir pas remarqué avant de ressortir la bible ouverte près de la caisse. J'ai quand même eu droit à Jésus marchant sur les eaux (de la mer. Ah bon?), la résurrection de Lazare (quand on meurt de maladie c'est le poids du péché. AH BON?), un bout de la multiplication des pains et des poissons (elle s'est arrêtée à la deuxième mytose), heureusement qu'elle a posé la question: 'vous y êtes allée?' EH BIEN OUI!!! Ouf sauvée, merci maman.

Commençant à m'habituer au folklore local (on appelle ça amañarse), je finis par demander si elle est católica ou cristiana (évangéliste). Cristiana. Je l'aurais parié. Mais elle précise immédiatement: cristiana israélita. Ah bah tiens, les évangélistes juifs, je l'avais pas encore eue cette Eglise-là. Ils célèbrent également le jour du seigneur le samedi, et c'est pour ça qu'elle aime bien les Juifs: ils ne peuvent rien faire ce jour-là. Oh my God.

Donc l'ensemble dure un peu moins d'une heure et coûte 9.60€, et on vous fait cadeau de l'huile de calendula renversée sur votre slip (fou rire et conclusion: qué pena con usted). Quel beau pays, et tellement touristique. S'il y en a que ça tente, celui-là c'était le tour-operator 'Bozo le clown'.