Pérou, du Fujimorazo à Keiko

Catégorie:

Il y a aujourd'hui 19 ans, le président péruvien Alberto Fujimori lançait son 'auto-coup d'Etat'. Ce dimanche aura lieu le premier tour de l'élection présidentielle. Keiko Fujimori, fille de son père, est candidate.

En 1992, le président Fujimori dissolvait le Congrès, mettait en place le Gouvernement d'Urgence et de Reconstruction Nationale et commençait à gouverner en assumant les trois pouvoirs.

Gouvernement autocratique, corruption, vente d'armes aux FARC et violations des droits de l'homme ont marqué les années suivantes, jusqu'à ce qu'en 200? se sentant en danger - le Congrès s'était rebellé deux jours auparavant et avait voté une motion de censure -, le président ne profite d'un Forum Asie-Pacifique pour voyager au Japon dont il a la nationalité et envoie sa démission par fax, une première, me semble-t-il, dans l'histoire des Etats. Twitter n'existait pas à l'époque, notez bien. Mais entretemps le Congrès l'avait destitué pour 'incapacité morale'.

Réfugié au Japon, donc, Fujimori a été arrêté en 2005 lors d'un voyage au Chili, puis extradé vers le Pérou où il a été condamné en 2009 à 25 ans de prison, puis à d'autres encore pour d'autres charges. Fin du premier acte.

Mais Fujimori a entre autres une fille, Keiko, qui a assumé le rôle de première dame du Pérou à 19 ans, après le divorce de ses parents en 1994. Et s'est retrouvée chef de file du groupe fujimoriste après la démission de son père en 2000. Députée depuis 2006, elle engrange les appuis de ceux qui ont apprécié les résultats économiques et antiterroristes (contre le Sentier Lumineux) de son cher papa. Au lendemain de l'auto-coup d'Etat, la popularité de Fujimori était montée à 80% de bonnes opinions, ce qui console un peu d'être français (après tout, il n'y a pas que chez nous que les pauvres votent pour celui qui va les plumer) mais ne rassure pas en général sur l'avenir de l'humanité, mais ça n'est pas le sujet et puis Fukushima va nous arranger tout ça.

Mais si l'on en croit regarde les sondages, Keiko n'est pas en tête. Dans un mouchoir de poche avec l'ex-président Alejandro Toledo (en son temps le premier président d'ascendance indienne du continent) et l'ex-premier ministre de Toledo Pedro Pablo Kuczynski, elle est précédée par le finaliste malheureux de la présidentielle de 2006, Ollanta Humala, ex-commandant de l'armée, nationaliste et populiste, donné autour de 25% après avoir modéré son discours.

Le récent Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, autrefois candidat battu et toujours aimable avec ses successeurs dans la course à la présidentielle, a ainsi décrété que devoir choisir entre Humala et Fujimori reviendrait à devoir choisir 'entre le cancer et le sida', ce qui est plus moderne que la peste et le choléra; mais on peut avoir les deux.

Lire:
Humala sube en los sondeos tras moderar su mensaje populista
Ollanta Humala gana terreno en las encuestas...
Perú recuerda el autogolpe de Alberto Fujimori a cinco días de las elecciones presidenciales