La Colombie, ce grand pays touristique

Tags:

Depuis l'offensive publicitaire lancée par la Colombie pour encourager le tourisme (dans Géo en mars, couplé avec France Info), on me dit régulièrement: quelle chance tu as d'être là-bas, c'est un pays formidable. Immanquablement je réponds: la Colombie, peut-être, Bogota, non. Mais j'exagère.

Depuis que le soleil est revenu il y a presque deux semaines, Bogota est bien plus riante, mon humeur meilleure et j'en vois les bons côtés. Je vous livre deux exemples récents catégorie 'c'est arrivé près de chez vous'.

Dimanche matin, je faisais découvrir le quartier à un ami. Passage diurne par le touristique coupe-gorge dit 'Calle del Embudo', derrière le Chorro de Quevedo. Une placette très touristique, vantée par tous les guides, et tellement calme qu'une voiture de police est toujours garée devant.

Et puis les gens sont sympas, viennent vous parler spontanément.

Après la Calle del Embudo, on débouche non loin d'un marché couvert fort pittoresque. Une fois celui-ci traversé, question de l'impétrant: 'C'est quoi le quartier au-dessus, c'est Egipto?' Aucune idée, je sors le plan pour regarder. Une femme qui se dirigeait vers le marché revient sur ses pas: vous cherchez quoi? 'On se demandait si ce quartier était Egipto.' Air incrédule de la dame: vous cherchez Egipto? Puis, inquiète: pour y aller?! 'Oh non, pour l'éviter.' Bonne réponse. Soulagée, elle dit: ah non, faut pas y aller, vous allez où maintenant? 'Bah, on va redescendre vers la 7ème et l'axe environnemental'. Ouf, ça va mieux.

Une heure plus tard, dans un autre quartier, rebelote. On observe d'un carrefour le changement manifeste de l'état de la voirie et des bâtiments (sortie de la Macarena vers le nord). Deux jeunes femmes s'arrêtent pour nous déconseiller de continuer tout droit (on venait de dépasser le poste de police qui évite les entrées intempestives dans le joli quartier) et d'aller plutôt là où vont les touristes, au marché aux puces, qu'on avait déjà vu mais bon.

Alors, hein, si les gens sont pas cools ici.

Et puis comme dit la personne interviewée par France Info, ça s'est tellement amélioré depuis 20 ans. Dans les années 90, explique-t-elle, on ne s'arrêtait pas aux feux rouges la nuit. Euh, ben je peux témoigner que c'est pas toujours forcément le cas, hein, mais bon. C'est pour la radio. [Ajout du 25/04: la ville de Bogota envisage de laisser certains feux à l'orange clignotant entre 23h et 5h pour limiter les vols]

La violence a beaucoup baissé. Prenez le maçon qui recimente le mur d'en face depuis hier. D'accord, il s'est fait faucher ses 2 truelles dans la journée. Mais sans violence. Les voleurs ont juste attendu qu'il tourne le dos. (Au passage, j'ai compris pourquoi il lisse son enduit avec un vieux bout de polystyrène: il a des chances de le garder jusqu'à la fin du chantier.)

Franchement, non, une bien chouette ville, Bogota. Et d'un point de vue potentiel touristique, un pays qui a tout d'un grand.