Le Top 5 des bruits pénibles (ce soir)

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Partant du principe que mon appartement est situé au premier étage dans une rue passante, que l'isolation est une vue de l'esprit et que contrairement à la tradition les vieux murs ne sont pas très épais (de même que je ne suis pas encore assez vieille pour être sourde), j'entends tout ce qui se passe dehors.

Chers lecteurs-auditeurs, notre Top 5 de ce soir est le suivant:

- numéro 5: les conversations à voix forte; j'ai droit à l'intégralité, mais à force, on n'y prête plus attention (sauf aux passages de gosse, en prime ça criaille). S'accompagnent généralement, en cas de présence féminine hors période de pluie, du doux bruit des talons (vive la pluie et les bottes en caoutchouc).

- numéro 4: la mobylette qui a gonflé son moteur, ou qui l'a juste mal réglé, qu'on entend venir de loin et dont le bruit dure longtemps... longtemps...

- numéro 3: le colectivo, lourd, poussif et donc extrêmement bruyant avec son moteur diesel qui n'a pas assez d'oxygène pour être efficace. Il pourrait se contenter d'être pénible comme ça: que nenni, en prime (comme c'est plus facile à trouver que le frein, sûrement) il klaxonne de façon prolongée en dévalant la pente, poussez-vous j'arrive.

- numéro 2: le joueur d'harmonica au coin de la rue, celui qui joue inlassablement les deux mêmes mesures d'un air assez peu harmonieux, surtout joué au soufflet de forge. Avantage: quand il n'y a plus de passants, il s'arrête.

- il entre directement dans le top à la 1ère place, quel talent! le joueur de flûtiau. Tout nouveau tout beau, équipé d'un pipeau au son strident (c'est pas tout le monde qui peut), il revisite avec une certaine adresse digitale - encore qu'il ait parfois du mal - et beaucoup de décibels dans les aigus les grands classiques de la musique. Et il a décidé de venir faire ça pile devant la maison à côté, on en a de la chance. PAA, si t'as une contrepèterie sur le sujet, c'est le moment.

Surtout, le plaisir du renouvellement est intact, car tous les soirs ça change (même si tous les jours c'est pareil). Au top 5 peut entrer le taxi qui s'arrête 10' à l'épicerie en laissant sa portière ouverte et sa radio à fond. Le sympathique grésillement des réverbères de l'éclairage public enfin des trucs qui éclairent là dehors. Le chariot de fortune à base de grosses roulettes qui dévale la pente - c'est fou ce que ça s'entend de loin, on ne croirait pas.

Mais une bonne démonstration valant mieux qu'un long discours, pour vos oreilles averties et sous vos applaudissements, 30'' à ma fenêtre... (ah si, on entend même le grésillement électrique... dans les moments de calme... pourquoi ça veut pas lire les 30'?)