Au Pérou, une entreprise chinoise déplace la population pour accéder au cuivre

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Ça y est! Les dirigeants de l'entreprise minière chinoise Chinalco ont dû pousser un ouf de soulagement. L'étude d'impact environnemental sur le mégaprojet minier Toromocho, au Pérou, a été approuvée. On va enfin pouvoir déménager la population pour raser la montagne sur laquelle le village de Morococha freinait l'exploitation.

toromocho.jpgIl faut reconnaître que c'est quelque chose, Toromocho. Une très grosse colline avec tout plein de cuivre dedans: 2 milliards de tonnes, excusez du peu. La mégamine de cuivre du continent quand elle sera en service (et les Chiliens n'auront qu'à se rhabiller ou redescendre dans les leurs, de mines). 'Achetée' à l'Etat péruvien qui a bien besoin des devises étrangères pour soulager son budget. Si le gouvernement obtient des liquidités conséquentes, de l'ordre de 11 milliards de dollars de taxes et royalties, les Chinois payent une bagatelle pour ce que ça va leur rapporter, de raser la montagne: des gains de 2000%. Un retour sur investissement que même un Madoff n'aurait pas osé promettre. Donc, tout le monde s'y retrouve et tout le monde est content.

Tous? Non, car un village peuplé d'irréductibles Péruviens résiste encore et toujours à l'envahisseur... excusez-moi, je m'égare.

Tous? Non, car un village peuplé de Péruviens (pas tous irréductibles) embêtait bien le monde. Morococha, assis sur sa montagne de cuivre, un bled de pouf-pouf-comme ça pas beaucoup d'habitants (surtout comparé à la Chine), un vrai gâchis. Mais les ingénieurs de Chinalco ont trouvé la solution: on va le déménager, ce village, hop, 14 km plus loin, à un endroit où il n'y a rien d'intéressant à exploiter. Non, franchement, dans un pays où on repeint les montagnes en vert après exploitation des mines à ciel ouvert (je parle de la Chine, là), on a des gens qui ont des idées. Et puis regardez les Canadiens de Barrick Gold: au Chili, où il y avait des glaciers perchés au-dessus de leurs réserves d'or, ils ont proposé de déménager les glaciers sur les montagnes autour. Ça aurait pu marcher - ça a failli. Finalement non, parce qu'un glacier ça fond; mais pas un Péruvien. Donc on peut déménager les Péruviens. CQFD.

Du coup on va accélérer la construction du nouveau village (notez bien, on n'en parle que depuis 2007, il n'aurait pas fallu s'y mettre trop vite), déplacer tout ce joli monde, et commencer les choses sérieuses: début de l'exploitation fin 2012, début 2013 au grand plus tard.