La vengeance de la pierre indienne

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C'est le blockbuster de l'hiver que nous annonce AméricaEconomía. En 1998, une pierre sacrée a été volée au peuple Pemón. Depuis, les catastrophes s'accumulent. Pas sur le voleur, par contre, en toute violation de la logique.

Il y a en Allemagne un gars bizarre, un certain Wolfgang von Schwarzenfeld, artiste plastique. Ce gars se balade à travers le monde à la recherche de monolithes jumeaux. Quand il en trouve, il prend l'une des deux pierres et l'embarque en Allemagne où il les met au zoo, enfin, au Tiergarten de Berlin, à côté de la porte de Brandebourg.

Et il paraît que c'est de l'art.

Au cours de son tour du monde, Schwarzenfeld arrive au Venezuela. Dans la partie sud-orientale du pays, non loin de la frontière de la Guyane et du Brésil, vit l'ethnie Pemón. La cosmogonie de ce peuple raconte que deux membres de deux communautés différentes s'éprirent l'un de l'autre et s'enfuirent de leurs maisons collectives respectives. Ils avaient dû braver un interdit, et furent changés en pierres jumelles de 30 tonnes chacune.

ppemon.jpgL'une des deux, la 'pierre grand-mère', a été emportée en Allemagne, non sans que les Pemón n'aient essayé de l'empêcher en bloquant pendant 2 mois la route d'accès. Mais une décision politique du gouvernement de Rafael Caldera a offert la pierre au peuple allemand. Depuis, assure la communauté, les catastrophes se sont multipliées, à commencer par ce qu'on connaît sous le nom de 'tragédie de Vargas', en 1999: 10.000 morts dans de très forts orages. Puis les cours d'eau se sont vidés de leurs poissons. Enfin, plus de 10 ans après, les pluies torrentielles qui ont déjà fait plus de 100.000 sans-abris seraient également dues au vol de la pierre sacrée.

Avouez que ça calme.

Depuis la Constitution de 1999, les Pemón sont reconnus comme citoyens vénézuéliens. Chavez a fait réclamer la pierre plusieurs fois par voie diplomatique (si, si). L'Allemagne ne voit pas d'inconvénient à rendre la pierre, mais comme c'était un cadeau, elle en veut une autre à la place. Ce qui fait hurler le Venezuela. Qui espère bien pourtant que la pierre Kueka soit promptement restituée.

Et puis on ne sait jamais, au cas où il arrêterait de pleuvoir...

Photo: où l'on voit que les ancêtres des Pemón étaient probablement des lamantins, ou des dauphins à la rigueur.

En juillet 2012, le problème n'était toujours pas réglé...