Google pris dans la bataille entre le Nicaragua et le Costa Rica

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Les deux voisins centraméricains cherchent tous les arguments pour justifier de leur possession de l'île Calero, sur le fleuve frontalier San Juan. La carte fournie par Google Maps, correcte pour le Nicaragua, est jugée inexacte par le Costa Rica.

A vouloir fournir toute l'information à tout le monde, on est parfois pris au mot. Jeudi 5 novembre, Google a été saisi d'une demande du Costa Rica: modifier le tracé de la frontière sur Google Maps; le Nicaragua contactant de son côté la firme de San Francisco pour lui demander de n'en rien faire, le tracé étant exact, selon ce pays. Après consultation du fournisseur des données - le Département d'Etat des Etats-Unis, tiens tiens - Google a accédé vendredi à la demande du Costa Rica: la carte sera modifiée dans les meilleurs délais. Et a rappelé au passage que si Google s'efforce de fournir les informations les plus exactes possibles, nul n'est à l'abri d'une erreur, et qu'en aucun cas les données de Google ne peuvent servir de référence dans un différend international. Quel manque d'ambition!

C'est là le énième avatar du désaccord entre les deux pays sur le passage de la frontière à l'embouchure de leur fleuve frontalier, le San Juan. Le conflit s'est envenimé à nouveau il y a quelques semaines, quand le Nicaragua a pris position sur l'île Calero lors d'une opération de dragage du fleuve (voir l'article de Marine, pas moi une autre, mais elle a un bien joli prénom, sur Latinioo). Le Costa Rica y a envoyé ce qui lui tient lieu de forces armées, c'est-à-dire la police - le Costa Rica n'a plus d'armée depuis 1948, et ne s'en porte globalement pas plus mal.

Le Nicaragua affirme que ce que son voisin appelle l'île Calero, de 151km2, est en fait l'île Harbour Head, qui lui appartient. Dans les deux cas, ça me paraît bizarre d'appeler ça une île: c'est une zone comprise dans le delta du San Juan, ou alors, la Camargue est une île.

L'Organisation des Etats Américains, qui s'est rendue célèbre pour son inefficacité absolue lors de la gestion du coup d'Etat au Honduras, va servir de médiateur entre les deux pays. Tout le monde y croit tellement que lors de la visite hier samedi de son secrétaire général, Insulza, la présidente costaricaine Laura Chinchilla a déclaré être prête à porter la question devant le Conseil de Sécurité de l'ONU. Daniel Ortega pour sa part a souligné que l'OEA n'avait pas de compétence pour résoudre un problème de frontières et a prévenu que son pays porterait la question devant la Cour Internationale de justice de La Haye.