Le modèle productif de Huelva: importer des femmes pour exporter des fraises

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Je manque de temps pour vous parler de l'actualité hispanique, mais je découvre énormément de choses passionnantes. Pour vous consoler de mon absence (prenez l'air triste, je vous prie), je vous propose d'aller lire un excellent article d'Emmanuelle Hellio: 'Importer des femmes pour exporter des fraises'.

En 2007 a eu lieu à Nice - Sofia Antipolis un colloque international sur le thème suivant: Nouvelles dynamiques migratoires : activités régulières et irrégulières sur le marché du travail européen.

Et comme la sociologie ne s'est intéressée à la figure du travailleur migrant temporaire et à son impact dans la société d'accueil que depuis les ratonnades d'El Ejido (Andalousie) en février 2000, plusieurs communications ont porté sur l'Espagne. On gagne ses lettres de noblesse comme on peut.

Depuis 2000, les agriculteurs ont bien évolué. Plus à l'ouest, à Huelva, ils sont arrivés à la conclusion que la main-d'oeuvre la moins embêtante, c'était les femmes, de préférence marocaines (l'Européenne de l'Est n'a plus la cote: elle revendique. Et tout compte fait, mieux vaut une basanée qui la boucle qu'une blanche qui l'ouvre), avec un CDD et des enfants au pays, pour garantir qu'elle y retourne après. Ça, c'est ce qu'on appelle le 'contrat en origine', ce que l'Union Européenne voit comme le nec plus ultra de la 'bonne pratique' de l'aide au développement. En prime, le patron a la main d'oeuvre quand il en a besoin, et le national n'a pas l'immigré (les travailleuses sont généralement parquées assez loin des bourgs et sans moyen de déplacement).

Le 'modèle productif de Huelva', brillamment testé, pourrait donc servir de référence pour d'autres secteurs d'activité.

Emmanuelle Hellio s'intéresse pour sa part aux premières concernées: les femmes embauchées pour travailler dans les serres de fraises, vous savez, les grosses fraises pas bonnes qui sont sur nos étals à partir de février?

L'article dans son intégralité est payant en ligne; vous pouvez consulter la revue à la Bibliothèque de Sciences Sociales de Rennes 2, et si vous êtes à la Fac des Sciences Economiques de Rennes 1 et que vous apportez des fraises tagada (pas de Huelva) à la documentaliste, elle le commandera peut-être pour vous. En attendant, visionnez donc le documentaire El Ejido: la loi du profit, disponible sur place sans supplément de fraises tagada.