La Bolivie plus près de la mer

Catégorie:

Certes, ce n'est toujours pas SA mer, mais le Pérou d'Alan García vient d'accorder à sa voisine la Bolivie davantage de possibilités sur une zone franche concédée dans le sud du pays.

bol-antes-guerra.pngLa Bolivie a perdu son accès au Pacifique à l'issue de la guerre du même nom (1879-1884) comme déjà expliqué dans ce blog. Depuis, elle veut revoir sa mer.

Quoique pas du même bord politique que le président Evo Morales, le Péruvien Alan García élargit donc l'accord de 1992  dont j'ignorais d'ailleurs l'existence - honte sur moi - et qui permet à la Bolivie de regarder la mer et les bateaux (pour les glaces à l'eau, aucune idée).

Depuis 1992, m'apprend América Económica, la Bolivie bénéficie de la cession d'une frange côtière, autrement dit une plage, à 17 km d'Ilo (cliquez sur la carte pour l'agrandir), pour une période de 99 ans. Le pays peut également utiliser une extension territoriale de 163.5 ha dans la zone franche industrielle d'Ilo, pour 50 ans renouvelable.

La nouveauté de 2010 est l'accord de plus grandes facilités portuaires et de libre transit. Les industries boliviennes pourront également s'installer dans la zone franche pour permettre l'exportation de leurs produits. Une zone franche 'touristique' est accordée pour 99 ans également, avec la possibilité de construire un môle sportif et de pêche. L'aire de 'Boliviamar' - qui depuis hier s'appelle Mar Bolivia - (le bout de plage, je suppose) de 2 km2 sera étendu à 3.6.

Last but not least, la Marine bolivienne pourra y relâcher. Ne me demandez pas où ce corps de l'armée s'arrêtait quand il en avait assez de faire des ronds dans l'eau, je n'en ai aucune idée. D'ailleurs sa page web http://www.armada.mil.bo/ n'arrive nulle part non plus. Après le Hollandais volant, le Bolivien fantôme. Par contre la page anti-encyclopédique Inciclopedia sur le sujet est juste... passionnante (mais faut pas y croire, hein, attention).

ilo.jpgLes deux présidents tout contents et tout réciproquement décorés l'un par l'autre en ont profité pour se mettre d'accord sur le dos du troisième larron, le Chili - dont le président Piñera est toujours en tournée triomphale en Europe pour offrir des cailloux du fond de la mine, on sent qu'il n'est pas limité à 23kg de bagages pour l'avion, lui - auquel ils ont demandé un accès à la mer pour la Bolivie. Il faut dire que comme le Chili remonte maintenant jusqu'à Arica, on comprend que le Pérou ne soit pas motivé à céder encore du terrain pour faire plaisir à la Bolivie, même si historiquement ils se sont alliés contre le Chili, et qu'ils ont perdu la guerre.