Rafael Correa, fin stratège

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Après les 'événements' du 30 septembre (revendication salariale musclée ou tentative de coup d'Etat ratée, c'est selon, autant pour le Honduras je parlerais de coup d'Etat, autant là, je doute), Rafael Correa va pouvoir tenir la bride plus court aux députés. Dans le respect des règles constitutionnelles et de la démocratie.

Il y a huit jours, j'évoquais cette rébellion des policiers qui ont retenu le président une dizaine d'heures, retranché dans un hôpital. J'indiquais que certains observateurs y voyaient une éventuelle manoeuvre politique, laquelle permettrait au président de faire passer des lois contestées par l'Assemblée et la population en dissolvant précisément cette instance - selon la technique de la 'mort croisée'. J'adore cette appellation.

Le président Correa a réfléchi à l'opportunité. Et comme il est quand même loin d'être bête, il l'a écartée - quoique pas définitivement, attention, tout est là. Il peut toujours le faire.

Puis il est allé bavarder avec les députés de sa majorité, lesquels mettaient en cause certains des projets du gouvernement. Il y a fort à parier que la conversation a gentiment tourné autour du thème: vous resteriez bien députés encore un peu? Bon, ben faudrait voir à faire avancer mes lois. Sinon, hop! Dissolution.

C'est pas génial? Le gentil président qu'on a injustement voulu tuer (si, il y avait des agités dans le tas), qui rétablit l'ordre en décrétant l'état d'urgence (quand même un peu), qui fait du ménage (mais on ne peut pas lui en vouloir) et qui ne dissout pas le Parlement comme l'aurait fait un Chávez ou un Ortega (faudra que je vous touche deux mots de celui-là, un de ces jours)!! Personnellement, je suis impressionnée.

Belle leçon de politique appliquée.