Affaire Gurtel: au pays des bisounours

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Le juge d'instruction enquête sur le blanchiment présumé de fonds de la trame Gurtel et l'implication de l'ancien trésorier du Parti Populaire. El País publie des extraits de l'interrogatoire de l'épouse de celui-ci (en Espagne aussi, le secret de l'instruction est une valeur périmée). Et ça ne manque pas de sel.

Dans le monde merveilleux des bisounours du PP, vous pouvez avoir un million d'euros sur un compte bancaire sans avoir de revenus. Une maison à votre nom à Marbella. Et ne toujours pas savoir compter en euros. C'est du moins le cas de Rosalía Iglesias Villar, la femme de Luis Bárcenas, ex sénateur de Cantabrie et ex- trésorier (démissionnaire) du Parti Populaire. Avec cette phrase reprise en titre par El País: 'je ne me rappelle pas si j'avais des revenus, c'est mon mari qui gère les aspects économiques.' Délicieux. Dans l'éternel dilemme: vaut-il mieux passer pour un crétin ou pour un pourri, Rosalía a tranché.

Le juge s'interroge actuellement sur une firme immobilière, Proyecto Twain Jones, SL, et son projet de construction de 16 villas de luxe à Majadahonda (Madrid). Rosalía Iglesias, sans revenus (elle a un atelier de restauration de meubles avec des amies, mais plus en mode activité de desperate housewife que pour gagner sa vie), y a investi 150.000€ à l'insu de son plein gré, puisque c'est monsieur son époux qui s'occupe de ces choses-là. C'est donc à nouveau vers lui que l'enquête s'oriente.

Et pendant ce temps, le PP, censément partie civile, continue à tenter de noyer le poisson et ralentir l'enquête, au grand énervement du parquet anticorruption qui l'a sommé plusieurs fois de 'cesser de torpiller l'affaire'.

Et Gurtel, c'est un peu comme un feuilleton: quand on a raté plein d'épisodes, on retrouve quand même l'idée générale et les héros habituels, on les reprend juste quelques péripéties plus loin.