Le sondage politique du mois

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La Faculté Latino-Américaine de Sciences Sociales (FLACSO) publie une Etude d'Opinion sur la Gouvernabilité et la Cohabitation Démocratique en Amérique Latine (ouf), menée par Ipsos dans 18 pays au mois de mai 2010. América Economía en reprend les conclusions.

Ce que j'aime avec les enquêtes latino-américaines, c'est que le panel est toujours conséquent; dans ce cas, environ 9.000 personnes. Ramené à chaque pays, on a un échantillon représentatif (?) de 500 personnes, uniquement citadines. 500 personnes, pour l'Uruguay qui compte 3.5 millions d'habitants, ça n'est pas malhonnête. Rapporté au Mexique, 110 millions, ça me fait doucement rigoler. Mais trêve de balivernes (qui s'intéresse aujourd'hui à la représentativité d'un échantillon?), sautons aux conclusions.

Les Latinoaméricains font peu confiance aux politiques: le record de confiance s'établit en Uruguay (10% des sondés déclarent leur faire 'beaucoup' confiance) quand la moyenne globale est à 3%. 50% des sondés font confiance à leur président; c'est l'Argentine qui obtient le record de manque de confiance du continent: 62% des 500 citoyens de Buenos Aires et Córdoba qui ont répondu se méfient de Cristina Fernández.

En ce qui concerne l'éventail politique, on trouve le plus grand pourcentage de personnes se situant à l'extrême droite au Honduras: 24% des sondés; dans un pays où il n'y a jamais eu de parti de gauche, ce n'est pas fondamentalement surprenant, il faut bien se situer quelque part... Et dans la catégorie extrême gauche la palme revient au... Venezuela, 17%, on ne saura pas combien d'entre les sondés ont pris le sondeur pour un agent caché de Chávez et combien sont enthousiasmés par la révolution bolivarienne. On aura une meilleure idée après les élections du 26 septembre, l'échantillon sera franchement plus représentatif.

Une question redevenue d'actualité l'an passé: celle des coups d'Etat. Pour 77% des sondés, ça ne peut pas arriver chez eux. Surtout au Chili (94%), en Uruguay (90%) et au Costa Rica (avec un faiblard 84%). A l'opposé, 31% des sondés honduréniens considèrent qu'il pourrait y avoir encore un coup d'Etat dans les 12 prochains mois.

85% des sondés souhaitent conserver leur armée. Au Panama et au Costa Rica, qui n'en ont pas, les positions sont différentes: presque la moitié des cobayes panaméens aimeraient bien en avoir une, contre 20% des Costaricains.

Pas de conclusion aux conclusions.