Au Brésil, la terre devient un actif stratégique

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Face à la course mondiale aux terres agricoles, le Brésil vient de prendre des mesures de protection de son patrimoine. Dorénavant, l'achat de terres agricoles par des étrangers sera restreint.

En 2008, la Corée du Sud lançait l'acquisition de la moitié des terres arables de Madagascar. Les émeutes ont emporté le président Ravalomanana. La Chine prend position depuis des années en Afrique de l'Est. Une bonne partie de la pampa argentine, 10% de la surface totale du pays, est détenue par des multinationales étrangères. Et le phénomène s'accélère.

Le Brésil vient donc de prendre une décision: protéger son secteur primaire, stratégique pour l'économie, en limitant la vente des terres à des étrangers.

Si auparavant ceux-ci - personnes physiques ou morales - devaient être domiciliés dans le pays pour en acheter des parcelles, désormais ils ne pourront faire l'acquisition de plus de '50 modules d'exploitation', une unité de mesure qui selon les régions va de 250 à 5.000 hectares.

En outre, le total des terres acquises par des entreprises sous contrôle étranger ne pourra excéder 25% de la superficie de chaque commune.

Le président sortant Lula tient à garantir les réserves stratégiques, dans un contexte diminution des réserves et de hausse des prix des produits agricoles, alors aussi que le marché des biocarburants se développe.

Il n'existe plus, depuis 1994, de registre des terres acquises par des étrangers (au passage, comment on déterminera qu'on a atteint le quota de 25% des terres d'une commune, s'il n'y a plus de registre?), mais l'Institut National de la Réforme Agraire chiffrait à 5.5 millions les hectares 'étrangers', en 2009.

Les actuels propriétaires ne seront pas expropriés; mais désormais acquérir des terres en très grande quantité sera plus difficile.

América Económica

Voir aussi: La grande braderie des terres agricoles, Le Point, 09/2009