Pas de ça ici (sans papiers, burqas, même combat)

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Deux informations en provenance du monde hispanique viennent se télescoper: une décision du Sénat espagnol sur la burqa et le référendum d'une petite ville du Nebraska (et je dis que c'est hispanique si je veux) qui tente de freiner l'arrivée des Latinos.

Des burqas, en Espagne, il n'y en a pratiquement pas. Mais pour éviter les générations spontanées, sans doute, le Sénat espagnol (une institution 'doublon' du Parlement, dont 208 des 259 membres sont élus au suffrage universel le même jour que les députés, les 51 restants étant désignés par les Parlements autonomiques) a pris le taureau castizo par les cornes et a adopté une motion pour demander au gouvernement d'interdire la burqa sur le territoire.

Le gouvernement Zapatero, qui a promis une Loi de Liberté Religieuse, a toujours du mal à passer outre le blocage de l'Eglise catholique. La semaine dernière, on annonçait le retrait des crucifix dans les établissements publics, ce qui n'était quand même pas malheureux. Mais dans la foulée, pour éviter les tensions avec le Vatican, le gouvernement a repoussé son projet de loi à 2011. Comme si les tensions allaient être moindres dans un an; mais au moins Benoît XVI aura fait sa tournée triomphale (prévue en novembre).

Sur un autre continent, c'est la ville de Frémont, Nebraska, 25.000 habitants dont 1.000 Hispaniques, qui a l'honneur (...) des gazettes. Dame, c'est que ça fait peur, un chiffre pareil. Presque 4% de la population de Frémont, latinoaméricaine... et multipliée par 7 en 20 ans. Bon, quand l'Espagne passe de 1.6% de population immigrée en 1998 à 8% en 2005, je trouve le chiffre impressionnant. Mais Frémont...

Or donc Frémont s'est interrogée par référendum et s'est répondu à 57%: l'immigration illégale ne passera pas par moi. En vertu de quoi, pour éviter que des sans-papiers ne viennent y chercher un asile, voire un travail dans les usines de corned beef (ces gens ont vraiment de ces prétentions), voire une vie normale, une loi interdira de donner un contrat de travail ou de louer un logement à des clandestins.

C'était notre rubrique: au secours, il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde (et merci Desproges, ou peut-être Luis Rego, qui aurait eu des soucis à Frémont).