Forages brésiliens en eaux profondes: même pas peur

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Alors que le brut de BP coule à flot et que l'Etat mexicain de Veracruz envisage de porter plainte contre la multinationale pétrolière, le Brésil envisage sereinement des forages à 7 kilomètres de profondeur: eau + fonds marin + 2 km de couche de sel... oui mais avec des contrôles renforcés depuis 2001, alors même pas peur.

Bien sûr, tous ces mégagisements pétrolifères, ça fait envie. Au point que l'OPEP, prévoyant, presse le Brésil de rejoindre ses rangs (on parle de 50 milliards de barils de pétrole et de gaz dans la couche 'Pré-Sal', sous le sel donc: de quoi placer le Brésil dans les 10 premiers producteurs mondiaux). Bien sûr aussi, le pays a pratiquement vendu la peau de l'ours avant de le mazouter: les gouvernements locaux se battent même sur la répartition entre eux des milliards du pétrole, qui seront engagés dans des projets d'éducation.

Alors, ce n'est pas une marée noire comme celle de BP qui va faire renoncer le Brésil à sa 'seconde indépendance', comme l'a baptisée Lula. Même si c'est encore plus compliqué de forer que dans le Golfe du Mexique, et même si aucune compagnie au monde ne l'a jamais encore tenté, même pas Petrobras, celle qui a le plus d'expertise en la matière (ce qui tombe bien). Des vagues de 10 mètres qui déferlent sans prévenir, la corrosion due à l'eau de mer et encore plus à la couche de sel et au CO2 contenu dans les roches: le risque zéro n'existe pas, tous le reconnaissent... mais ce n'est pas la question.

Car voilà, les bateaux, les tours, les plateformes... tout cela sera construit au Brésil, et outre l'argent du pétrole, l'exploitation de ces gisements créera des emplois dans les chantiers navals. Difficile de mettre en balance un quelconque principe de précaution.

Un article du Monde sur le sujet.