Sommet UE- Amérique Latine: ça coince pour le plan de table

Catégorie:

C'est un motif de migraine pour de nombreux couples préparant leur mariage: le plan de table. Il y a toujours l'oncle lourdingue qu'on ne sait pas où placer. Dans ce rôle, le président du Honduras, Porfirio Lobo.

Depuis le coup d'Etat au Honduras en juin 2009, de l'eau est passée sous les ponts et du pétrole sur les côtes. Il y a eu de nouvelles élections. Le président élu a pris ses fonctions. Les Etats-Unis se sont empressés de normaliser leurs relations avec le petit pays.

Sauf qu'à l'UNASUR, l'Union des Nations Sud-américaines, qui sont quand même 12, soit toute l'Amérique du sud moins la Guyane française - qui n'est pas un pays -, on regarde d'un sale oeil le Pepe Lobo. La Bolivie, le Venezuela et l'Equateur n'ont pas reconnu le nouveau président. Normal, me direz-vous, pour des nations de l'ALBA, le bloc d'intégration à tendance socialiste animé par Chávez et dont le Honduras était membre, avant que le président de fait, Micheletti, ne décide que (comme l'environnement ailleurs) l'Alba ça commençait à bien faire. Mais le Brésil ne le reconnait pas non plus. En même temps, le Brésil a dû héberger le président chassé Manuel Zelaya de longues semaines dans son ambassade de Tegucigalpa, on comprend que ça ait énervé les Brésiliens.

Or donc, quand l'Espagne (présidente pro tempore de l'Union Européenne) a lancé les invitations pour le sommet Amérique Latine - Caraïbes qui se tiendra le 18 mai à Madrid, voilà qu'elle a invité le président hondurien. Et que les 12 présidents de l'Unasur ont expliqué qu'ils ne mangeaient pas de ce pain-là et en tout cas, pas à la même table que Lobo, et qu'en conséquence ils boycotteraient le sommet.

Diantre, a dû se dire la présidence espagnole, c'est déjà pas de la tarte ici, entre le chômage, la dette et les agences de notation; et puis Obama a déjà décliné une invitation tout ce qu'il y avait d'officiel; si en prime au sommet il manque tous les pays qui comptent (comprenez les grands), ça va le faire moyen.

Là-dessus, Lobo, grand seigneur, fait savoir que si ça présence doit donner de la fièvre, il n'y va pas et puis c'est tout, mais que c'est à l'Espagne de prendre la décision.

Ah, le charme des soirées de l'ambassadeur! On attend la réponse de l'Espagne.