Au Honduras, le nouveau président investi

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Porfirio Lobo, le président issu de l'élection du 29 novembre était investi aujourd'hui, en l'absence du président de fait qui aurait fait tache sur la photo, Roberto Micheletti - officiellement, absent pour raison de santé -, et alors que Zelaya est toujours retranché dans l'ambassade brésilienne, où il s'occupe en jouant aux échecs. Il doit être imbattable maintenant.

BBC Mundo souligne les quatre grands chantiers qui attendent le nouveau président: assurer sa légitimité et la reconnaissance internationale; faire face à une résistance qui ne cède pas; prendre le pouvoir dans une économie en crise; gérer les responsabilités du 28 juin. Et il y a du travail, parce que la Cour Suprême vient de déclarer un non-lieu général pour tous les militaires ayant pris part à 'l'évacuation' de Zelaya du Palais Présidentiel.

Pour les points 1 et 4, on voit à peu près. Les deux autres méritent d'être évoqués un peu plus longuement.

Un certain nombre d'associations et de mouvements sociaux se sont fédérés au sein d'un Front National de Résistance contre le Coup d'Etat. Ils exigent l'instauration d'une Assemblée constituante et rejettent la politique d'approfondissement du néolibéralisme que devrait assumer Lobo, selon eux. Et on n'en saura pas plus; pour les médias proches du Monde Diplomatique (un extrait de l'article du Diplo), des purges seraient en cours depuis plusieurs mois, les grands médias du pays, à la solde du quarteron michelettien, dissimulant soigneusement cet aspect de la situation du pays.

Quant à l'économie... les aides internationales se sont taries (et puis, depuis, il y a eu Haïti: bon courage les Honduriens!!); les exportations se sont effondrées, les investissements étrangers... on parle de quoi, là?; et les couvre-feu à répétition ont fini de grever l'économie locale. En 2009, le PIB a reculé de 3%. Si Lobo relance les incitations fiscales pour attirer les investisseurs, en limitant les droits sociaux déjà pas bien flamboyants, la population souffrira davantage.

Ah! J'oubliais... et pendant ce temps-là, dans l'ambassade brésilienne, Zelaya attend de pouvoir quitter le pays. Il doit partir dans la journée pour la République Dominicaine (oui, ils sont partout, mais la négociation est antérieure au séisme d'Haïti, je vous assure), accompagné par le président dominicain Leonel Fernández.