Bananes à la coke: les producteurs espagnols mettent à profit le buzz

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De la drogue dans des caisses de bananes: les producteurs canariens s'inquiètent que l'on puisse les associer à ce trafic. Et en profitent pour réclamer un meilleur affichage de l'origine des produits.

 No hay mal que por bien no venga, disent les Espagnols; à quelque chose malheur est bon de ce côté des Pyrénées. Depuis quelques jours, le buzz médiatique autour des briques de cocaïne retrouvées dans 7 supermarchés espagnols est impressionnant.

J'évoquais dans mon billet précédent une drôle de photo publiée dans El Mundo pour illustrer l'information: des caisses de bananes des Canaries. Les producteurs locaux ont très vite déclaré leur inquiétude quant à l'éventuelle confusion qui pourrait être faite entre leurs produits et ceux dans lesquels de la drogue a été dissimulée.

Et comme la meilleure défense est l'attaque, Asprocan, l'Association des Producteurs de Bananes des Canaries, en a profité pour clamer que cette affaire mettait sur le devant de la scène le manque de sérieux du contrôle des importations, et s'en plaindre. Forcément, moins de trois semaines après la signature d'un accord d'importation qui cessera progressivement de favoriser les bananes nationales et ACP contre la banane américaine, l'occasion était à ne pas rater.

Au passage, Asprocan égratigne aussi sa concurrence: quid des produits phytosanitaires et autres pesticides employés en Equateur, la banane des Canaries, elle, elle est propre! D'ailleurs elle ne s'appelle pas pareil (plátano en Espagne, banano en Amérique). Et c'est tellement pas le même produit, qu'il ne faudrait pas les mettre côte-à-côte dans les rayons des magasins. Là, ça m'échappe un peu, mais ils auraient tort de s'en priver. Le mot d'ordre: mieux vaut en faire trop pendant qu'on parle de vous... En prime, l'association va élever devant le Parlement Européen une plainte afin que l'origine des produits soit mieux indiquée.

Et enfin, coup de grâce à son premier concurrent mondial, l'Asprocan souligne la récente hausse salariale de 1.8% donnée aux employés canariens, sur le thème: la banane équatorienne n'est ni sociale ni solidaire.