Les Malouines sont britanniques, et c'est l'UE qui le dit

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Les îles Malouines (Malvinas en espagnol et Falkland en anglais), de même que la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud, sont citées dans le Traité de Lisbonne comme faisant partie du territoire européen, au titre de la Grande-Bretagne. Les Argentins s'étranglent.

Ce n'est au demeurant pas la première fois: les Malouines apparaissaient déjà dans l'annexe II du projet de traité constitutionnel soumis au référendum en France en 2005, au titre des pays et territoires d'Outre-Mer. Les Argentins avaient déjà véhémentement protesté.

Il faut dire que les Malouines, c'est tout un symbole. Au-delà des deux cailloux (12.000 km2, reconnaissons que c'est du beau caillou) à près de 500 km au large de la Patagonie, revendiqués par l'Argentine depuis son indépendance, c'est aussi le souvenir d'un affront militaire pour le pays.

Pendant la colonie espagnole, ces îles sont occupées par un peu tout le monde (des Espagnols, des Anglais, des Malouins et des Acadiens...) mais considérées comme faisant partie de la couronne espagnole. Après l'indépendance de 1816, l'Argentine les revendique comme siennes; mais les Britanniques ne l'entendent pas de cette oreille et expulsent les habitants en 1833 avant de déclarer les îles colonie britannique en 1837.

Le temps passe et lors de la dictature militaire entamée en 1976, le général Galtieri décide de ranimer le patriotisme en reprenant les Malouines. Ce pour quoi, en avril, sont envoyés 14.000 hommes, portés par l'enthousiasme de tout un peuple mais pas vraiment préparés au combat. Pour beaucoup, de la chair à canon recrutée dans le centre du pays, sans équipement (il fait froid aux Malouines!) et sans entraînement.

Le général Galtieri avait tablé sur une réaction minime de la Grande-Bretagne face à la perte de ces confettis exotiques mais inhospitaliers, et sur le soutien de l'ONU, qui devait régler diplomatiquement le différend de la souveraineté sur ces îles. Enfin, il comptait à tout le moins sur la neutralité des Etats-Unis, liés par le TIAR (Traité Interaméricain d'Assistance Réciproque) signé en 1947.

Pas de chance, Margaret Thatcher n'est pas joueuse. Et la Couronne déploie la plus importante force armée depuis la Seconde Guerre mondiale, pour reprendre l'expression d'Arte. 74 jours, mille morts et deux milles blessés plus tard, l'Argentine rend les armes. La dictature tombera l'année suivante, en 1983.

Depuis lors, l'Argentine rappelle périodiquement que l'occupation des Malouines par la Grande-Bretagne est contraire au droit international, comme encore hier par la voix de sa présidente Cristina Fernández lors de l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne.

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