Situation délicate pour le président paraguayen

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Fernando Lugo, ex-évêque et actuel président du Paraguay, fait face à un effondrement de sa popularité. Une troisième demande de reconnaissance de paternité ne va pas arranger sa situation, alors qu'il est accusé de n'avoir pas réagi assez efficacement dans l'affaire de l'enlèvement d'un éleveur par un groupe armé, et que plusieurs secteurs demandent sa destitution.

A peine 15 mois après sa prise de fonctions, Fernando Lugo doit faire face à une situation qui se détériore de jour en jour. Elu par une population qui croyait en l'intégrité d'un candidat évêque de l'Eglise catholique, il n'en finit plus de baisser dans l'opinion publique. D'abord choqués ou ébaudis, c'est selon, par les deux premières demandes de reconnaissance de paternité, les Paraguayens découvrent que le président devra probablement reconnaître un 3ème enfant (les tests ADN étant à la charge de l'heureuse maman, elle doit savoir de quoi elle parle avant de se lancer dans la dépense).

C'est le dernier épisode en date dans la tourmente: Lugo est aussi accusé de ne pas avoir réagi convenablement à l'enlèvement d'un éleveur, Fidel Zavala, il y a près de trois semaines. Nombreux sont ceux qui demandent une réponse plus ferme du gouvernement face aux enlèvements; et quelques-uns insinuent que le président Lugo pourrait avoir des relations personnelles avec certains membres de l'EPP, l'Armée Populaire du Paraguay, qui revendique le rapt. Ce sont d'ailleurs des accusations qui ressortent périodiquement: il y a quelques mois, certains attribuaient à l'actuel mandataire des liens avec l'enlèvement et la mort de Cecilia Cubas, fille d'un ancien président.

Ça fait beaucoup pour le même homme, accusé en prime de corruption. Dans le cadre de la réforme agraire (le Paraguay étant le pays au monde où la distribution de la terre est la plus inéquitable), le président Lugo a signé l'achat de 22.000 hectares au propriétaire brésilien Ulises Rogrigues Teixeira, cultivateur de soja. Or le prix qu'en donnera l'Etat est très supérieur au prix d'achat de ces mêmes terres par Teixeira il y a quelques années, et très supérieur aussi (le double) d'autres terres proposées à la Commission de la réforme agraire.

Pour faire bon poids (y'en a un peu plus, je vous le mets quand même?) l'opposition menace le président d'un procès politique pour mauvaise gestion: elle dispose de la majorité des deux tiers au Congrès nécessaire au lancement d'un tel processus.

Et récemment, le gouvernement niait les rumeurs persistentes de coup d'Etat, mais Lugo, commandant en chef des armées, vient d'en destituer les principaux responsables.