Vers une sortie de crise au Honduras

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C'est les Brésiliens qui vont être contents! 50 hôtes en moins dans l'ambassade de Tegucigalpa, ça va faire de la place pour travailler. C'est finalement le déplacement d'une délégation des Etats-Unis, avec probablement des arguments convaincants dans sa valise, qui a mené à un accord. Reste à en voir l'application.

Roberto Micheletti, président de fait, a finalement accepté une des demandes de Mel Zelaya, président de droit: que le Congrès décide du retour de celui-ci à la présidence, jusqu'au 27 janvier 2010, date de prise de fonctions du président qui sera issu des élections du 29 novembre prochain. Le coup de pied de l'âne, tout de même: la proposition sera soumise d'abord à la Cour Suprême de Justice, avec qui Zelaya n'est que moyennement copain. C'est cette instance qui avait rétabli dans ses fonctions le chef d'Etat major interarmée Romeo Vásquez destitué par le président. Zelaya avait alors dit de la Cour qu'elle ne rendait justice qu'aux puissants, aux banquiers et aux riches du pays, femez le ban.

De son côté, Zelaya a accepté un gouvernement d'union, une modalité proposée par le médiateur Oscar Arias dans le plan dit de San José, et jusque là fermement rejetée par Zelaya sur le thème: on ne va quand même pas récompenser ces cochons de putchistes. Ah, mon bon monsieur, on n'a rien sans rien...

L'accord devrait être signé aujourd'hui vendredi. Si la situation se normalise (c'est comme ça qu'on dit), la population ne s'en trouvera pas plus mal. Coup de projecteurs ou augmentation de la violence dans un pays dans lequel l'économie tourne au ralenti et où il n'y a plus de travail, le chiffre des morts violentes signalées a augmenté. Il y a quelques jours, lundi 26, le neveu du président de fait Micheletti a été retrouvé exécuté, de même qu'un colonel (mais pas au même endroit!). Le lendemain, le père du vice-ministre de la Défense de Micheletti était enlevé par des inconnus.