Rétropédalage sur les bases navales

Catégorie:

Le ministre qui a dit que le Panama accueillerait deux bases navales des Etats-Unis sur son territoire ne l'a pas dit, et les journalistes sont donc des crétins. Il y aura bien deux bases, elles seront bien navales, elles serviront bien à lutter contre le narcotrafic, mais elles seront 100% panaméennes. Fermez le ban.

Les bases seront 'nettement panaméennes'. C'est le ministre Mulino qui le dit, le même qui ce dimanche parlait de bases étasuniennes. C'est quoi 'nettement' panaméennes?

Il n'y aura dedans que des forces panaméennes, du service des frontières, de la force aéronavale et de la police nationale. Il faut le préciser car depuis 1991 la Constitution interdit l'existence de l'armée dans le pays (pour plus de précision, les Forces de Défense Panaméennes, créées par le dictateur Manuel Noriega, avaient été dissoutes dès l'intervention étasunienne de 1989: protégé de la CIA, le général participait un peu trop au narcotrafic vers les Etats-Unis).

Vacciné contre l'occupation du pays par la propre force qui aurait dû garantir l'indépendance de l'état et la sécurité des citoyens, le pays s'est donc défait de cette belle et grande tradition (mais si, rappelez-vous: 1903, le corps des pompiers qui se réveille un beau matin transformé en armée nationale); c'est désormais la police nationale qui assume la protection et la sécurité. Et qui va donc contribuer à occuper ces deux bases navales.

Le ministre Mulino continue: il ne lui serait jamais venu à l'idée de parler de bases nord-américaines, pensez, lui qui a été ministre des Affaires Etrangères et qui connait bien les implications que cela aurait eu. Ah, bah oui, présenté comme ça, forcément, il n'a pas pu le dire.

Il a dû y avoir un malentendu, il a parlé aussi d'accords avec les Etats-Unis, mais pas à propos des bases. Bon sang mais c'est bien sûr! Quels nullards, ces journalistes.

D'ailleurs le Panama, dans le cadre de son exercice souverain, peut installer des bases où ça lui chante sur son territoire, pour que cela serve à ses forces de sécurité. Euh... ça paraît évident pour un Etat, non? Pourquoi le préciser alors?

En conclusion, s'il ne savent pas qui mettre dans leurs bases navales, je suggère la création d'une équipe nationale de pédalo, entraînée par le ministre. Un vrai pro dans la catégorie semoule.

¡Urgente! Même le président monte au créneau!