SinoLatin, une agence pour l'investissement chinois en Amérique Latine

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La Chine s'intéresse de plus en plus à l'Amérique Latine, en particulier à ses ressources. Début 2009 a été créée la première agence de capital-risque pour l'investissement chinois dans le sous-continent: SinoLatin, qui a effectué il y a quelques jours à Pékin sa présentation officielle devant près de 200 entrepreneurs.

Ce sont deux Mexicains et un Cubano-Etasunien qui ont lancé il y a quelques mois cette agence spécialisée dans l'orientation des flux d'investissement chinois vers l'Amérique Latine. Un marché en plein développement, rapporte Banca y Negocios (qui le tient de l'agence de presse EFE), car si les premiers investissements remontent à 2004, 2008 a été marqué par un changement de la politique gouvernementale chinoise, qui les encourage désormais.

La Chine et l'Amérique Latine sont considérées comme complémentaires, la première ayant besoin des ressources de la seconde pour nourrir sa croissance, la seconde se fournissant largement en produits manufacturés élaborés dans la puissance asiatique.

La Chine est intéressée par le minerai de cuivre, de fer et de manganèse, et par le pétrole. Dans ce dernier secteur, des capitaux chinois ont déjà été investis au Venezuela et au Brésil. La compagnie d'Etat CNPC prendra prochainement une participation dans Repsol-YPF et entrera ainsi en Argentine.

SinoLatin a déjà analysé et retenu plusieurs investissements possibles dans l'exploitation du bois, la culture du soja et l'exploitation minière.

La nécessité des investissements directs étrangers pour financer le développement d'activités économiques fait que les gouvernants voient d'un assez bon oeil ces investissements. Les populations sont rendues plus circonspectes par les premiers projets concrets. Ainsi au Pérou, où Chinalco s'est portée propriétaire de la mine de Toromocho dans l'exploitation de laquelle elle investira 3 milliards de dollars (chiffres 2009! l'investissement descend à 2.2 milliards...). Il faut, pour exploiter cette montagne de cuivre, déplacer le village de Morococha d'une dizaine de kilomètres. Les propositions de dédommagement sont loin de convaincre ou de satisfaire tous les habitants (2.000 dollars chacun et la promesse d'une maison ou d'un appartement, quand la Chinalco obtiendra un retour sur investissement de 2.000%) mais lors d'un référendum, le oui à la Chinalco l'a tout de même emporté.

L'exemple des pays africains n'est pas non plus rassurant: les investissements opérés dans ce continent par la Chine lui ont permis un accès immédiat à des ressources vitales pour son économie mais sans effets favorables ni sur l'économie ni pour la population locales.

NB. Un projet de prise de participation de China Minmetals dans la chilienne Codelco vient d'échouer (25/09/09).