Gros plan sur la violence au Salvador

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Au Salvador, deux étrangers ont été tués récemment: un entrepreneur et un réalisateur espagnols. En application de la théorie du mort/kilomètre (plus ça se passe loin et plus il faut de morts pour intéresser le lecteur, sauf s'il existe un facteur rapprochant: des compatriotes ont été tués / blessés / ont vu les faits etc), El País revient sur la violence dans le pays. Et constate que l'on atteint pratiquement les niveaux de mort violente de la guerre civile.

El País rapporte que selon les chiffres officiels, 12 à 14 personnes sont tuées chaque jour dans ce tout petit pays d'Amérique Centrale qu'est le Salvador, ce qui fait beaucoup pour un pays de moins de 6 millions d'habitants (recensement 2004). Le journal espagnol compare ce chiffres aux 15 à 17 décès de mort violente qui ont fait le quotidien de la guerre civile (1980-1992) et conclut qu'on en est proche.

Mais si l'on en croit l'article publié par deux chercheurs de l'Université d'Amérique Centrale au Salvador, Magnitude de la violence au Salvador (1997), le taux d'homicides dans le pays au cours des années 70, donc avant la guerre civile, était déjà extrêmement élevé dans le pays. Selon leur analyse, la guerre civile n'a fait qu'exacerber davantage une culture de violence préexistante. Et leur conclusion est double: les chiffres de la violence sont extrêmement élevés au Salvador; et les statistiques sont probablement sous-évaluées faute de registre fiable (mais les choses ont peut-être changé depuis 1997, date de la publication).

Au passage, l'enquête sur l'assassinat du journaliste et réalisateur Christian Poveda a progressé à une vitesse défiant toutes les lois centraméricaines de la résolution d'affaires criminelles: la police tient 5 suspects (4 membres de la Mara 18, et pour le 5ème elle n'a pas eu à aller bien loin: un policier) et un mobile: le policier aurait dit aux mareros que Christian Poveda était un indicateur.