Artillerie lourde contre le journal Clarín

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Ce qu'il y a de bien avec le couple Kirchner, c'est que quand il en veut à quelqu'un, ça se voit tout de suite. Là, tout le monde aura compris que Nestor et Cristina sont fâchés avec Clarín. La rupture remonte au conflit entre la présidente et le secteur rural en 2008: Clarín a alors pris ses distances avec la politique de la cheffe de l'Etat.

L'offensive (parce que c'est la guerre, madame. Rentrez chez vous) a commencé avec l'interruption brutale du contrat entre l'Association de Football d'Argentine et le groupe TyC, associé au groupe Clarín pour les droits de retransmission du football.

Le groupe n'a pas aimé perdre sa mise de fonds, considérant que cette interruption avait tout de la nationalisation abusive (un pléonasme!). Et l'a bien dit partout.

Dans la foulée, les députés kirchneristes ont présenté un nouveau projet de loi de Service de Communication Audiovisuelle (ils doivent faire vite: ils ont perdu la majorité aux dernières élections, mais en Argentine il y a un temps de latence entre les élections et l'entrée en fonction, qui aura lieu en décembre). En gros, la nouvelle loi limiterait le contrôle des médias par de grands groupes. Au demeurant un bel exemple de démocratie participative ou présenté comme tel (le projet, expliquent les Kirchner family, a été discuté et amendé dans le cadre de 24 forums publics et 80 débats). En détail, Clarín le prend très personnellement et très mal. (Merci aux médias canadiens de s'intéresser à la question.)

Continuant son travail d'information, Clarín informait récemment sur un cas supposé de corruption mettant en cause le responsable de l'équivalent argentin du Ministère des Finances. Dans les heures qui ont suivi, 200 inspecteurs du fisc débarquaient au journal et au groupe. La video et les photos ici.

Et pendant ce temps-là, la Selección de Maradona, déjà battue par le Brésil à domicile 3 à 1, vient de s'étaler lamentablement face au Paraguay et finit 5ème du groupe Amérique Latine pour le Mondial 2010. Elle va donc aux barrages (oui, comme la France. Mais nous on peut taper sur Domenech, alors que Maradona est sacré... enfin...). Ce qui ne va pas améliorer les bonnes dispositions de l'opinion publique.