Les PME du Honduras payent les pots cassés du coup d'Etat

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Les nouvelles autorités honduriennes ont suspendu tous les programmes d'aide aux PME lancés par Zelaya.  Les troubles et l'insécurité consécutifs au coup d'Etat ont fait chuter la demande de biens et de services, alors que l'économie était déjà frappée par la crise mondiale. Parallèlement, les Etats-Unis doivent prendre prochainement la décision de reconnaître ou non un coup d'Etat. Une réponse affirmative entraînerait la suppression des aides apportées au pays, où la campagne électorale présidentielle vient de s'ouvrir.

Enrique Nuñez, président de l'Association Nationale de la Moyenne et la Petite Entreprise, dénonce les priorités du nouveau gouvernement. Il indique notamment la réorientation de fonds destinés par Zelaya à accorder aux petits entrepreneurs des prêts à 7%, et qui sous Micheletti ira vers d'autres secteurs suscpetibles de payer un taux d'intérêt de 26%.

Des 230.000 PME que compte le pays, 95% sont des microentreprises, et beaucoup d'entre elles - mais on n'a pas de chiffres - aurait déjà dû licencier 50% du personnel (1 personne sur 2?).

Si les classes populaires, inquiètes de l'avenir ou sans ressources, ne dépensent plus d'argent en biens ni en services, ceux qui le peuvent ne laissent plus non plus leur argent à la banque. Le Superintendant des Banques (joli titre, n'est-il pas?) dément une fuite des capitaux, mais on observe ce que les économistes appellent une 'décollecte' dans les banques du pays.

Le président Manuel Zelaya, déposé il y a maintenant trois mois, est arrivé aujourd'hui à Washington, dans ses tournées ininterrompues et de plus en plus désespérées pour obtenir l'appui qui lui permettra de regagner son pays. Le temps joue contre lui, et la campagne électorale s'est ouverte hier dans l'incertitude.