Pourquoi conduire Zelaya sur une base militaire états-unienne?

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Manuel Zelaya, président démis du Honduras, a apporté de nouveaux détails sur le coup d'Etat du 28 juin lors d'une conversation avec les autorités politiques brésiliennes. Il indique que l'avion qui l'emmenait au Costa Rica a fait escale sur une base militaire états-unienne sise au Honduras. Et pas pour lui fournir des pantoufles assorties à son pyjama.

La rencontre entre Zelaya et Lula remonte au 12 août mais l'information n'a commencé à circuler que le 15. Depuis, elle fait le tour des rédactions latinoaméricaines (ici dans Clarín).

Que l'avion expulsant le président Zelaya de son pays ait fait escale sur une base des Etats-Unis, que ce soit pour faire le plein (ce que met en doute Zelaya: n'importe quel avion peut parcourir d'une traite les 500 km qui séparent Tegucigalpa de San José, dit-il) ou autre chose, suppose que certains fonctionnaires du puissant cousin anglo-saxon savaient ce qui se passait cette nuit-là au Honduras: un coup d'Etat.

Si Zelaya a mis hors de cause le président Barack Obama, cette révélation arrive à point nommé dans le conflit qui oppose tous les pays de l'UNASUR à la Colombie au sujet des bases nord-américaines. Álvaro Uribe a en effet mis à disposition de l'armée des Etats-Unis trois nouvelles bases sur le territoire colombien, au grand dam de tous ses voisins qui dénoncent le risque d'ingérence traditionnellement démontré par les USA.

Le fait qu'Hugo Chávez soit porte-drapeau des protestations aurait plutôt tendance à leur retirer du crédit. Mais le conseiller de Lula pour l'international, Marco Aurelio García, a considéré comme 'incroyables et inquiétantes' les révélations faites par Zelaya. Nul doute qu'elles viendront renforcer les arguments des opposants à la présence nord-américaine sur le sous-continent, et on ne peut pas vraiment leur en vouloir!