Ce que j'ai vu de l'écotourisme au Costa Rica

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Le Costa Rica assure sa communication touristique en insistant sur l'écotourisme. Dont la conception varie sensiblement entre Europe et Amérique Centrale, semble-t-il. (Quant à la grenouille fétiche aux yeux rouges... pas vue! Ah, l'argument commercial!!)

Naïve que je suis (toujours), j'imaginais un petit paradis dans lequel les 'lodges' (hôtel, ça fait pas assez brousse) étaient en quasi autonomie: énergie solaire,  collecte des eaux de pluie, retraitement de l'eau, tri sélectif... bref, réduction au minimum de la fameuse 'empreinte écologique' tellement à la mode.

Eh bien en fait, pas du tout.

Notre premier lieu de villégiature, près de Drake, dans la péninsule d'Osa qui abrite le parc national du Corcovado, n'utilise plus les panneaux solaires depuis que l'électricité arrive par câbles. Ma vision de la collecte des eaux pluviales est, je le reconnais, purement romantique: en saison des pluies, ce sont des hectolitres qui tombent chaque jour, et en saison sèche, eh bien je ne sais pas (mais je ne manquerai pas de vous tenir informés quand j'y retournerai). Le tri sélectif, c'est un peu comme la collecte des ordures ménagères ou le paiement des impôts municipaux: chacun voit. S'il veut le faire, il le fait (mais il lui faut trouver un centre de recyclage, qui parfois n'est que l'initiative privée d'un étranger installé dans le pays).

Quant au retraitement de l'eau, mon compagnon pense avoir vu une station d'épuration. Pour ma part, je serais bien incapable de la différencier d'une usine de production d'huile de palme ou d'une cimenterie.

Pour le reste, ce qui 'sauve' la nature au Costa Rica, c'est la faible pression démographique. Le papier hygiénique doit être jeté dans une poubelle et non dans les toilettes, et les fosses septiques (probablement plus ou moins implantées, et plutôt moins que plus dans de nombreux cas) feront le reste. Mais l'afflux prévisible de touristes mettra probablement à mal l'équilibre naturel.

Conclusion: ce ne sont pas des hôtels écologiques qui sont proposés aux touristes, mais des établissements plus ou moins roots (et contrairement à la chanson de Tom Novembre, du moins en saison des pluies, ce n'est pas 'retour à la nature sans salir ses chaussettes').

Et si nous avons privilégié un parcours côté Pacifique dans des zones finalement peu peuplées (de 13 à 31 habitants au kilomètre carré selon les cantons et Wikipédia), nous avons eu l'occasion de croiser les plantations de bananiers hautement écologiques (celles où tous les pesticides sont enfermés dans un beau sac en 'jute plastique' bleu accroché autour du régime de bananes... comme ça, il ne se répand dans la nature QUE lorsque l'on récolte le régime. Parce qu'après, il a bien le temps de rester au bord du champ, où la population vient éventuellement le rechercher pour lui trouver un nouvel usage) dont il est question dans le lien envoyé par Romain (merci Romain!) sur l'article précédent. A ce sujet, des inspecteurs de l'Union Européenne iront en octobre au Costa Rica afin de s'assurer de l'inocuité et de la qualité des productions importées (la moitié des exportations d'ananas, 38% de celles de melon et la presque intégralité de celles de mangue. Rien en banane, en revanche: on a nos propres bananes polluées, mais guadeloupéennes et martiniquaises, que diantre!). Enfin, théoriquement: parce que ça ne fait que 2 fois et 12 mois que la mission est repoussée.