Recherche île désespérément

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Une île, ça peut être tout petit, ça ne sert pas à grand-chose en soi, mais ça définit des droits sur les eaux qui l'entourent. C'est pourquoi les Mexicains regrettent fort de ne plus retrouver un îlot, l'Ile Vermeille, historiquement sis dans le Golfe du Mexique et qui avait le bon gout de 'contrôler' une zone dont les fonds sont riches en pétrole.

La Isla Bermeja ou Islote Bermejo, qui mesure 80 km2, soit la superficie de Belle-Ile, est sur les cartes depuis le XVIème siècle. Gentiment placée, pratiquement au milieu du Golfe du Mexique, elle dispose de ses 200 milles nautiques d'activité économique exclusive. Du moins disposait, car depuis 1997, motus et galette de fioul, plus moyen de la retrouver.

C'est d'autant plus ennuyeux qu'à ses abords (feu ses abords) on trouve de grands champs pétrolifères, les Hoyos de Dona dont le Mexique perdrait d'un coup la souveraineté. Certes, même avec l'île, il n'accédait pas à tout mais une nappe, on fois qu'on l'a percée, on la pompe sans lui demander ses papiers. Ce qui vaut aussi pour les Etats-Unis, bien sûr, mais le problème ne va plus se poser: faute d'île, toute la superficie du gisement est désormais dans les eaux états-uniennes.

Il se trouve qu'en 2000 (alors donc que l'île n'avait pas été trouvée par la Marine mexicaine) les deux voisins nords-américains ont signé un moratoire de 10 ans sur l'exploration et l'exploitation des gisements que certains n'hésitent pas à déclarer 'principales réserves mondiales'. Ratifié en 2001, cet accord tombe le 17 janvier 2011. On commence donc à rassembler les papiers histoire d'anticiper.

Et un malheur n'arrivant jamais seul, vous allez rire, les papiers non plus n'apparaissent plus. Bien que l'acord ait été ratifié par le Sénat, rien dans les archives. Les minutes auraient également disparu du Ministère des Affaires Etrangères, d'après Elías Cárdenas, un député du Partido Convergencia.

Cette regrettable coïncidence en mène d'aucuns à imaginer des complots. Autant le réchauffement climatique peut à la rigueur expliquer une montée des eaux et l'engloutissement de l'île (quoiqu'à mon humble avis, on eût vu un effet sur les autres îles du Golfe et sur les côtes... non?), autant un réchauffement climatique qui viendrait brûler les accords officiels jusque dans les bâtiments itou, c'est du pur realismo mágico à la latinoaméricaine.

Donc le Triangle des Bermudes s'est déplacé sans prévenir, et je vous invite à consulter plus d'information sur la question sur El Mañana et Vanguardia.

Le Figaro a également publié un article sur le sujet en décembre 2008, en évoquant la thèse d'une destruction volontaire de l'île.