Prime de 'faux positif'

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La lutte systématique contre les guérillas entraîne parfois de regrettables dommages collatéraux. Le dernier scandale en date: les 'faux positifs', ces jeunes qui n'ont rien à voir avec la guérilla, que des militaires abattent pour toucher la prime, ou obtenir une promotion plus rapide. Un pistolet ou une grenade déposé sur le cadavre suffisent à justifier rétroactivement son appartenance à un mouvement armé.

C'est une pratique courante de l'armée colombienne que de maquiller des assassinats pour augmenter artificiellement ses bons résultats dans la lutte contre les guérillas d'extrême-gauche (jamais contre les paramilitaires d'extrême-droite, curieusement). Le rapporteur spécial de l'ONU pour les exécutions arbitraires, Philip Alston, vient de quitter le pays et son rapport préliminaire reprend le caractère systématique des 'faux positifs'. Il lui reste à démontrer que les ordres viennent d'en haut.

La Colombie se mobilise en masse contre cette nouvelle horreur qui a commencé dont l'opinion a pris connaissance en novembre 2008. Pour faire du chiffre, des compagnies de l'armée régulière 'recrutent' des jeunes, souvent chômeurs, alléchés par la perspective d'un emploi, loin de chez eux. Et abattus dans une zone où ils ne connaissent personne et où personne ne viendra reconnaître le corps. Sans nouvelles, la famille ne saura jamais ce qui est arrivé.

Cette pratique a été mise en exergue en octobre par une circonstance particulièrement dramatique: un jeune soldat en service loin de chez lui découvre que 'l'étranger' dont l'exécution permettra aux soldats de bénéficier d'une permission pour la fête des mères n'est autre que son propre frère.

Voir aussi un article de Clarín traduit sur le site Educweb et un autre, tout récent, sur le blog du correspondant de RTVE (le service public d'information espagnol).