Les Péruviens se fâchent avec leurs voisins

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Suite aux affrontements entre les Indiens et les forces de l'ordre, Lima rappelle son ambassadeur en poste en Bolivie. Parallèlement, les caféiculteurs ont à se plaindre de leurs homologues colombiens, qui écoulent la production qu'ils leur achètent sous l'appellation 'café de Colombie'.

Comme le signale aujourd'hui El País, le président péruvien Alan García a très peu goûté les interventions médiatiques du non moins président mais plus Indien Evo Morales sur les récents affrontements. Ce dernier a parlé de 'génocide du Traité de libre-échange'. Déjà qu'on lui attribuait une lettre ayant contribué à mettre le feu aux poudres... García a donc rappelé son ambassadeur pour consultation. Ce qui ne fait ni chaud ni froid au pouvoir bolivien: le vice-président évoque une pratique habituelle, utilisée par tous les gouvernements.

Quant au bilan des affrontements, les autorités péruviennes comptabilisent toujours 24 morts parmi les policiers et 10 parmi les Indiens; Daysi Zapata, meneuse du mouvement indien depuis qu'Alberto Pizango s'est réfugié à l'ambassade du Nicaragua, parle d'une centaine de disparus.

Autre événement au Pérou ces jours-ci: la révolte gronde parmi les caféiculteurs, mais contre leurs collègues colombiens. En effet, les rigueurs de l'hiver n'ont permis qu'une bien maigre récolte (probablement la plus mauvaise depuis 1991, faites vos stocks!), et pour faire face à leurs engagements internationaux, la corporation des caféiculteurs colombiens, dont nous avons déjà eu l'occasion de parler ici, achète le meilleur café péruvien qu'elle revendrait, semble-t-il, comme café de Colombie. Que l'on se rassure: les Colombiens se seraient engagés à contrôler leurs importations et à ne les exporter qu'avec une étiquette d'origine 'sérieuse'. Ce qui sera certainement effectif très bientôt... dès le second semestre, si la seconde récolte colombienne est bonne, et que la flambée des prix du café se tasse...