Le grand retour du troc d'Etat

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A court de liquidités, certains Etats proposent de régler en nature leur facture de carburant. C'est ce que vient de proposer la République Dominicaine au Venezuela: des haricots contre du pétrole.

Depuis plusieurs années, le Venezuela développe une 'pétro-diplomatie'. Du pétrole à Cuba contre des médecins et des instituteurs, du pétrole aux habitants de la Nouvelle Orléans après le passage de Katrina, du pétrole même aux plus démunis des Londoniens, juste contre une meilleure réputation.

Et puis il a créé depuis 2005 une série d'alliances énergétiques: PetroCaribe (avec 14 pays des Caraïbes), PetroSur (avec l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay) et PetroAndina (avec la Bolivie, la Colombie et l'Equateur). L'objectif est à terme de les fusionner en un gigantesque consortium d'Etat et assurer une alternative face aux multinationales étrangères.

C'est dans le cadre de PetroCaribe que le Venezuela fournit du pétrole à la République Dominicaine, à raison de 50.000 barils de brut par jour. Mais celle-ci ne peut faire face en numéraire, même avec les taux préférentiels pratiqués par le Venezuela. Elle proposera donc officiellement un réglement en haricots et séjours touristiques lors de la rencontre des ministres de PetroCaribe, ce jeudi, à la veille du 7ème sommet de l'organisation.

En 2007 déjà, l'île avait proposé de payer en services hôteliers et touristiques. Le Nicaragua pour sa part échange des haricots noirs, des bovins sur pied et de la viande contre son carburant.