Deux bonnes nouvelles pour le Paraguay

Catégorie:

La première, c'est une question de point de vue, mais a priori le président n'a toujours pas de nouvel enfant; et en prime (mais c'est un peu dur de s'y retrouver) la mère du petit reconnu a confirmé qu'elle était majeure lorsqu'elle a commencé à avoir une liaison intime avec Fernando Lugo. La deuxième: un accord politique met définitivement fin à la guerre du Chaco (1932-1935) entre le Paraguay et la Bolivie.

Le Paraguay, en ce moment, c'est une vraie telenovela, en mieux: ça dure toute la journée et ça recommence tous les jours...

Donc Viviana Carrillo, heureuse maman du fils reconnu du président (premier fils reconnu, dit ABC, l'humour paraguayen gagne à être connu, lui aussi), fait savoir (j'ai raté des épisodes, je ne lis ABC QUE deux fois par jour, désolée mais tâchez de suivre quand même) qu'elle avait 13 ans quand elle a commencé à connaître bibliquement son évêque ; puis 16 ans, puis 23 ans (je ne suis pas sûre de l'ordre des 2 premiers mais le dernier est bien le 3). Donc l'accusation de stupre (c'est comme la luxure: un péché capital) dont le président fait l'objet depuis peu tombe, et le scandale s'éteint.

En outre, Viviana Carrillo témoigne de l'intérêt du président pour son fils; et bref, maintenant qu'il n'est plus évêque mais président, elle est prête à se marier avec lui, elle en serait d'ailleurs très heureuse, et elle a beaucoup souffert de la présence d'autres femmes dans sa vie. Avouez que ça ferait un beau final pour une telenovela, surtout si le pape Benoît XVI les mariait...

Ah et le rebondissement du jour (dans une telenovela latinoaméricaine, il y a beaucoup de personnages, encore plus d'action, et ça passionne les Latinoaméricains depuis que la télé existe. Avant, il y avait la radio et c'était déjà pas mal, en moins visuel, bien sûr): des rumeurs relient l'actuel président à l'enlèvement, la séquestration et l'assassinat de Cecilia Cubas, fille de l'ancien président Raúl Cubas, en 2005. Générique de fin, et suite au prochain numéro: continuará... Comment Fernando va-t-il se défendre contre les accusations de l'infâme traître? Viviana retrouvera-t-elle le chemin de son coeur? Et laquelle des femmes du président sud-africain Jacob Zuma aura-t-elle le titre de première dame (je sais aucun rapport mais ça cadrait bien dans le paysage, et puis c'est authentique, et enfin la telenovela donne dans l'exotisme depuis plusieurs années, donc c'est crédible)? Vous le saurez en lisant demain la presse internationale (ou après-demain, ou les jours suivants...)

Moins people mais intéressant aussi, cet accord définitif sur les frontières boliviano-paraguayennes, sous les auspices de la présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner. Accord qui a suscité ce commentaire mémorable de ladite présidente: si Morales et Lugo avaient été présidents entre 1932 et 1935, cette guerre insensée n'aurait pas eu lieu. Certainement, mais allez savoir pourquoi, dans les années 30 personne n'aurait eu l'idée de voter pour un évêque défroqué ou pour un Indien défenseur des cultivateurs de coca. Comme quoi, le monde est mal fait, mais ça s'arrange.

Au fait, ne ratez pas un excellent - quoique ancien - article sur les telenovelas dans Le Courrier de l'UNESCO. Où l'on apprend notamment que les scénarios des telenovelas peuvent coller à la réalité sociale et politique (et pas seulement nous rejouer le vilain petit canard, comme dans Betty La Fea, adapté en Ugly Betty aux Etats Unis et en Yo soy Bea en Espagne).