Présidentielle au Paraguay

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Le dimanche 21 avril aura lieu l'élection présidentielle au Paraguay. Pour les blocs d'intégration latinoaméricains, c'est là le facteur qui permettra la normalisation des relations avec le pays suite à la destitution accélérée du président Fernando Lugo, en juin dernier.

A trois jours du scrutin, il y a dans le pays plus de trois cents observateurs internationaux, un tiers d'entre eux en représentation de l'Union Européenne. Le processus se doit d'être transparent et contrôlé, car ses implications sont nombreuses. Les pays membres de l'UNASUR attendent cette élection pour autoriser le retour du Paraguay comme membre à part entière de la zone d'intégration. En représailles, le président en exercice, le libéral Federico Franco, a refusé l'immunité diplomatique aux observateurs de ce bloc de "persécuteurs", selon lui.

Mais même si tout se déroule bien et que la communauté internationale reconnaît le scrutin, le Paraguay n'est peut-être pas au bout de ses peines. Les sondages donnent comme favori le candidat du Parti Colorado, l'entrepreneur Horacio Cartes, dont le nom rime depuis plus de dix ans avec blanchiment de narcodollars, selon des rapports de la DEA. D'autres sources, dont un des fameux câbles de Wikileaks évoquent également des délits de narcotrafic et de contrebande dans la zone de la Triple Frontière. Un groupe de défense des droits de l'homme, l'Assemblée Permanente des Droits de l'homme, a d'ailleurs porté plainte auprès du ministère public pour que le candidat s'explique sur ces accusations et celles d'évasion fiscale et d'enrichissement illicite.

Pour l'eurodéputé allemand Jürgen Klute, l'élection d'un président sur lequel pèsent de tels soupçons rendrait plus difficile la signature d'un accord commercial entre le Paraguay et l'Union Européenne, alors que celle-ci tente de lutter contre les flux d'argent sale et les paradis fiscaux.

Le candidat qui occupe la deuxième place dans les sondages est Efraín Alegre, du Parti Libéral comme le président Franco. Le représentant de la coalition dont était issu Fernando Lugo, Anibal Carrillo Iramain, arrive loin derrière, de même que les huit autres candidats.

Au Paraguay, les élections ont lieu tous les cinq ans et servent à désigner le président, le vice-président, les sénateurs et députés, les députés du Mercosur, les gouverneurs et les responsables départementaux. Le vote est obligatoire.