Pépé Mujica est vraiment fâché

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José Mujica, le président uruguayen, ne pardonne pas à Nicolas Sarkozy d'avoir cité son pays comme paradis fiscal lors du discours de clôture du G20. Si ce coup de pied de l'âne vient probablement de l'Argentine, le papet uruguayen cherche des alliés un peu partout pour faire condamner les propos du président français.

Lequel président français s'est probablement dit que l'Uruguay, c'était petit, c'était loin (qui sait où, d'ailleurs?), c'était ridicule et que le Dakar n'y passait même pas. Et que ça ne coûtait rien de faire plaisir à l'Argentine, plus grand pays, plus grosse économie, et puis sa présidente Cristina Fernandez était assise à la gauche d'Obama pendant le G20, tout de même. Bien que l'Argentine et l'Uruguay soient membres du Mercosur, la première reproche au second de ne pas lui communiquer suffisamment d'informations fiscales. Selon les observateurs, c'est de Buenos Aires que viendrait la pique adressée à Montevideo, analyse étayée par le blocage argentin à une résolution commune du Mercosur contre les déclarations françaises. Officiellement, l'Argentine subordonne sa réponse à la prise de position du G77.

Ce n'est pas ça qui va arrêter Mujica, qui en a vu bien d'autres au cours de sa loooongue vie. Un voyage au Mexique vient de lui apporter l'appui du président Felipe Calderón: l'Uruguay a été "injustement" qualifié de paradis fiscal par Sarkozy. Cris de joie en Uruguay: le Mexique, c'est un gros pays, il a deux fois la population de la France, et on ne rigole pas avec ça. En outre, il a assumé la présidence du G20 lors du sommet de Cannes. C'est en tant que tel qu'il a tenu à revenir sur quelques propos tenus au G20 et à demander des précisions à l'hôte du sommet.

Et Calderón de faire l'éloge de l'Uruguay, partenaire privilégié au sein du Mercosur car il est le seul pays du bloc à avoir signé un traité de libre échange avec le Mexique. Bon, il y a bien eu un léger lapsus, Calderón évoquant à un moment l'Equateur sans raison particulière. Mais ce n'est pas le plus important pour Mujica, dont la "fatigue" du déplacement (dame, à 76 ans, on ne cavale plus comme ça) était largement compensée par cet appui de poids, qui en entraînera sûrement d'autres.

J'ai bien l'impression qu'on n'a pas fini de rigoler. Petite pensée pour le corps diplomatique français bientôt qualifié en Quatre barré (catégorie d'aviron).