Mobilisation de la communauté éducative espagnole

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En deux ans, l'Espagne a réduit de plus de trois milliards d'euros le budget de l'éducation. Un nouvelle coupe du même montant prévue pour 2012, l'augmentation des droits d'inscription universitaires, l'hypothèse d'un lycée public payant et certains aspects de la réforme éducative menée par le ministre Wert soulèvent les inquiétudes de la communauté éducative qui sera en grève dans 14 communautés autonomes sur 17 aujourd'hui et manifestera à travers tout le pays.

En 2010, les salaires des professeurs avaient été gelés comme première mesure d'économies. Puis en 2011, le volume horaire assuré par les enseignants a été relevé, passant de 18 à 20h hebdomadaires dans les communautés de Madrid, en Catalogne, en Galice, en Navarre et en Castille-La Manche. L'université a également augmenté la durée du service d'enseignement.

Pour la rentrée 2012, il est prévu d'augmenter le nombre d'élèves par classe (le plafond passe de 25 à 30 en primaire et de 30 à 36 dans le secondaire) et de généraliser la hausse des horaires d'enseignement afin de recourir moins encore aux enseignants non titulaires dans le secondaire et aux professeurs associés dans les universités.

Mais il faut également compenser une partie de la réduction budgétaire annoncée. La hausse des droits d'inscription à l'université devait, en contrepartie, s'accompagner d'un meilleur accès aux bourses. Pour la prochaine rentrée, c'est un durcissement des critères académiques et d'une diminution du nombre de bourses notamment de mobilité (complément des bourses Erasmus) qui s'appliquera.

En bonne franc-tireuse, la présidente de la Communauté de Madrid, Esperanza "Espe" Aguirre a remis en question le mois dernier la gratuité de l'enseignement secondaire non obligatoire. L'équivalent espagnol de notre collège, la ESO (Enseignement secondaire obligatoire) accueille les jeunes de 12 à 16 ans; après cette étape vient le "Bachillerato", deux ans de préparation au bac. Le ministre Wert a rebondi sur la suggestion en rappelant que l'enseignement gratuit et obligatoire va de 6 à 16 ans, et que les étapes non obligatoires - maternelle et lycée -, de même que l'enseignement professionnel, peuvent être gratuits, mais que ce n'est pas le seul modèle.

De fait, la Catalogne appliquera à partir de la rentrée un modèle de "co-paiement" pour la Formation Professionnelle supérieure (FP superior, l'équivalent du BTS). Les frais d'inscription, de 65 à 100€ selon les centres, augmenteront de 360€ pour l'inscription en première année; à titre exceptionnel, de transition, les étudiants qui s'inscriront en deuxième année à la rentrée ne paieront "que" 180€ en plus. Mais ce cofinancement pourrait augmenter encore l'année suivante, au vu des résultats - autrement dit: si la filière n'a pas été désertée.

C'est pourquoi syndicats et organisations ont appelé le million de personnels et les 7.5 millions d'élèves et d'étudiants à faire grève et manifester aujourd'hui.