Ministre de l'Intérieur du Mexique, un job à risque

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Dans un pays comme le Mexique, où l'Etat et les narcotrafiquants se livrent à une guerre sans merci, il n'est un secret pour personne que le Secretario de Gobernación (nom mexicain du ministère de l'Intérieur) est une personne exposée. Cependant, le titulaire du portefeuille se voit menacé par un péril inattendu: la scoumoune en matière de transport aérien.

Le 4 novembre 2008, un petit avion s'écrase sur Ciudad de México, provoquant la mort de tous ses occupants et celle d'un certain nombre des Mexicains qui étaient en dessous. On déplore le décès de Juan Camilo Mourino, jeune (37 ans) et prometteur ministre de l'Intérieur, ami proche du président Felipe Calderón, en charge de la lutte contre le crime organisé - comprendre: les cartels de la drogue et les bandes armées. Parmi le personnel politique qui l'accompagnait se trouvait également un ancien directeur de l'agence anti-criminalité du Mexique.

Le 11 novembre 2011, un hélicoptère Super Puma s'écrase dans une zone peu accessible au sud-est de Ciudad de México, provoquant la mort de tous ses occupants (mais de personne d'autre: le lieu de l'accident est en pleine cambrousse). On déplore le décès de Francisco Blake Mora, relativement jeune (45 ans) et prometteur ministre de l'Intérieur, en charge de la lutte contre le crime organisé. Parmi le personnel politique qui l'accompagnait se trouvait également le secrétaire d'Etat aux Affaires Juridiques et aux Droits de l'Homme.

Le crash du Learjet de Mourino a été attribué à une erreur de pilotage dans une zone de turbulences créée par le passage d'un avion gros porteur. Pas par un attentat quelconque, bien entendu, même si pour la journaliste Anabel Hernández citée par Le Monde le cartel de Sinaloa ne serait pas étranger à l'affaire.

Pour la chute du Super Puma de Blake, on évoque pêle-mêle la mauvaise visibilité, l'âge de l'appareil (dont on n'arrive pas bien à savoir, parmi les Super Puma de la présidence, lequel c'est: de 1983 ou 1984?) ou celui du capitaine, mais enfin, un accident, c'est sûr, rien d'autre. Les Etats-Unis et le Bureau Enquêtes Accidents français sont associés aux investigations, de même que l'heureux constructeur Eurocopter (au moins, les sondes Pitot sont hors de cause, il n'y en a pas sur un hélico).

Ces deux regrettables incidents sont donc dus à la malchance (what else?), et il apparaît que le ministre de l'Intérieur mexicain est à l'appareil volant ce que le lapin est à l'appareil flottant: un porte-malheur.