L'Equateur ferme quatorze universités

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L'Equateur cherche à améliorer la qualité de ses formations d'enseignement supérieur. Le Conseil d'Education Supérieure a récemment fait fermer quatorze universités aux résultats jugés insuffisants.

Depuis le 12 avril, les portes de ces universités - toutes d'enseignement privé - s'ornent d'une affiche: "fermée pour cause d'insuffisante qualité académique". Les 38.000 étudiants qui y sont inscrits ont jusqu'au 13 mai pour choisir une université d'accueil, selon un mécanisme proposé ar l'Etat qui assure qu'il existe plus de places - 59.000 - que d'étudiants concernés. Seuls ceux qui entament leur dernière année universitaire peuvent poursuivre leur formation dans ces centres d'enseignement, désormais passés sous le contrôle de l'Etat, et qui seront effectivement dissous d'ici un an. Mais les étudiants s'inquiètent de leur future insertion professionnelle avec un diplôme décerné par une université fermée faute d'enseignements de qualité.

Ce processus de fermeture est la dernière étape d'une opération d'amélioration de la qualité de l'enseignement et lancée en 2010 par la Loi d'Education Supérieure. Les universités et les écoles polytechniques équatoriennes ont été évaluées et classées en cinq catégories, de A à E. Parmi les critères d'évaluation, on trouve le taux d'encadrement par des enseignants à temps plein, le niveau d'études de ceux-ci (le master et le doctorat sont visés...), les activités de recherche, le taux de réussite des étudiants.

26 universités ont été classées E en 2010; le Conseil d'Enseignement Supérieur leur a accordé dix-huit mois pour améliorer leurs résultats. Les quatorze centres aux progrès insuffisants ont donc été fermés à la mi-avril.

L'Equateur compte près de soixante-dix universités, une grande partie d'entre elles du secteur privé. Celles-ci se sont multipliées au cours des années 90, sans que l'Etat n'assure un réel contrôle du niveau des étudiants validé par un diplôme. Or trop souvent ces "universités de garages", selon l'expression locale, permettent l'acquisition d'un diplôme universitaire mais pas nécessairement de connaissances ni de compétences dignes de l'enseignement supérieur.

Le président Rafael Correa est sensible à la question de l'enseignement supérieur: économiste de formation - il a notamment étudié à l'université de Louvain (Belgique) et à celle de l'Illinois (Etats-Unis), il a enseigné l'économie à l'Université San Francisco de Quito (USFQ), l'une des meilleures du pays, de 1983 à 1997 puis de 2001 à 2005.