Le "nettoyage éthique" séduit les Brésiliens

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La présidente brésilienne a perdu quatre ministres en quelques mois, dont trois pour des faits de corruption. Désormais les médias ne se posent plus la question: ils sont convaincus que Dilma Roussef a entrepris une opération de nettoyage éthique. D'après les sondages, les Brésiliens en redemandent.

Changement de style. La dauphine de Lula, brillamment élue en grande partie grâce à la popularité de son prédécesseur, n'a pas la même tolérance en ce qui concerne certains travers. Ainsi, elle a repris plusieurs de ministres de Lula, à la demande de celui-ci. Mais le ménage est en cours; en 72 jours, les titulaires de l'Agriculture, la Défense, le Transport et le Ministère de la Présidence ont démissionné sur des soupçons (étayés) de corruption. Au point que la coalition gouvernementale soit menacée: les petits partis alliés dont sont issus ces grands hommes corrompus prennent très mal la nouvelle tendance.
Les sénateurs ont donc apporté leur soutien à la présidente dans son recadrage éthique: "Comptez sur nous pour, si nécessaire, aller de par les rues mobiliser le peuple brésilien", lui a déclaré un sénateur du Parti Socialisme et Liberté. L'opposition soutient également la présidente dans sa croisade, de l'ex-président Fernando Henrique Cardoso à l'écologiste Marina Silva.
Les classes moyennes se sont ralliées à Dilma, alors que les classes populaires sont toujours des inconditionnelles de Lula: la présidente brésilienne bénéficie de 70 à 80% d'opinions favorables selon les enquêtes.
Malgré tout, elle a dû faire savoir à ses alliés politiques qu'elle ne forcerait plus de ministres à quitter le gouvernement, alors que sa chef de cabinet, Gleisi Hoffman, pourrait avoir touché une indemnité illégale en quittant la centrale hydroélectrique d'Itaipu pour travailler avec la présidente.