Le mouvement étudiant chilien change de figure

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L'emblématique meneuse étudiante Camila Vallejo n'a pas été reconduite à la tête de la Fédération des Etudiants de l'Université du CHili (FECh). Sa liste "Izquierda estudiantil" (Gauche étudiante) est arrivée en deuxième position avec 3.864 voix derrière "Creando izquierda" (Créant la gauche) qui a rassemblé 4.053 suffrages. Camila Vallejo assumera la vice-présidence de la FECh; le mouvement, désormais incarné par Gabriel Boric, pourrait se radicaliser.

BBC Mundo rapporte que le gouvernement Piñera s'est tout d'abord réjoui de la non-réélection de Camila Vallejo, mais la fête pourrait être de courte durée. La FECh sera désormais présidée par un étudiant de droit, Gabriel Boric, qui serait moins porté sur la recherche de consensus que Vallejo, selon l'expert en marketing politique Felipe Vergara, de l'Université Andrés Bello. Plus proche de la gauche que sa prédécesseuse, expose le journaliste - il faudra qu'on m'explique quelle gauche, Vallejo étant membre du Parti Communiste - le nouveau président de la FECh aurait une vision plus radicale qu'elle et serait favorable au rapprochement avec des dirigeants régionaux également plus radicaux.

En outre, une partie des étudiants mobilisés fait le bilan de sept mois de mouvement et pourrait durcir encore sa position au vu des faibles avancées proposées par le gouvernement,

Ni Boric ni Vallejo n'ont prévu de renoncer à la mobilisation, bien au contraire; le nouveau président, après avoir célébré le travail de la présidente précédente, a insisté sur le fait que "les adversaires du mouvement étudiant et de l'éducation publique sont à La Moneda [le palais présidentiel]". Et si le porte-parole du gouvernement, Andrés Chadwick, a répondu qu'à La Moneda on ne voit "personne comme ennemi ni adversaire" et a appelé à "avoir les meilleures relations" en 2012, cela risque bien de n'être qu'un voeu pieux.

Photo: Manuel Venegas, CC, Wikimedia Commons

En savoir plus: Avec un article de Rodrigo Cattaneo Piñeda sur Hérodote, La privatisation de l’enseignement supérieur et la restructuration métropolitaine de Santiago du Chili. La première partie revient sur l'historique de l'enseignement supérieur privé.

Et pour ceux qui habitent en région parisienne, un débat qui promet d'être passionnant se tiendra mercredi 14 décembre à la Maison de l'Amérique Latine: Les réformes universitaires : une perspective colombienne, chilienne, française et européenne.