Le Mercosur défend les Malouines

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A l'occasion du quarante-septième sommet des chefs d'Etat du Mercosur à Montevideo (Uruguay), le bloc d'intégration a pris la décision de refuser l'accès de ses ports aux bateaux battant pavillon des Malouines.

L'Uruguay avait lancé le mouvement la semaine dernière, le Brésil rejoint l'initiative. La participation du Paraguay, qui ne dispose pas d'accès à la mer, est plus symbolique. L'Argentine interdit l'accès à ses eaux aux bateaux malouins depuis 2009.

Point ici de lutte contre les pavillons de complaisance: les quatre nations entendent dénoncer un pillage des ressources halieutiques et énergétiques autorisé par la Grande-Bretagne au nom de sa souveraineté sur les quelques ilôts, et surtout sur leurs eaux et leur sous-sol.

Cette nouvelle mesure finit de "blinder" la façade atlantique. Trente bateaux arborent le drapeau des Malouines; 20 d'entre eux sont des bateaux de pêche, dont 19 espagnols - les meilleures zones de pêche sont réservées aux porteurs du pavillon malouin. La flotille de pêche espagnole avait pour habitude de ravitailler à Montevideo et d'y décharger ses prises. Elle se voit désormais contrainte, pour accéder à un port sud-américain, de reprendre le pavillon de son pays d'origine - et de payer les droits qui vont avec.

Le gouvernement britannique avait convoqué la semaine dernière l'ambassadeur d'Uruguay à Londres, il va pouvoir faire un stock de petits fours pour les représentants du Brésil et du Paraguay.

En marge du sommet, on a retrouvé dans sa chambre d'hôtel le corps du sous-secrétaire au Commerce argentin, Iván Heyn, étoile montante en politique. Le juge d'instruction a déjà déclaré que ça ressemblait farouchement à un suicide. Logique. Tu as 33 ans, tu es à nouveau membre du gouvernement depuis 10 jours (après avoir été secrétaire à l'Industrie en 2008-09), et tu te dis tiens et si j'allais me pendre à Montevideo? Mais bien sûr l'enquête suit son cours.

Et le sommet se poursuit aujourd'hui mercredi: compte rendu demain (à cause du décalage horaire).